Total Carling : le torchon brûle entre pompiers et direction

Publié le 09/02/2010
Rien ne va plus entre les pompiers internes au site chimique de Carling Saint-Avold et leur direction.
Total Carling : le torchon brûle entre pompiers et direction
Total Carling : le torchon brûle entre pompiers et direction
Rien ne va plus entre les pompiers internes au site chimique de Carling Saint-Avold et leur direction.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 09 Février 2010 / Région /

Un plan de réorganisation du poste de secours, voulu par les responsables de Total Petrochemicals Carling, ne passe vraiment pas parmi la cinquantaine de soldats du feu rattachés à la plate-forme industrielle. La suppression d'une quinzaine de postes est prévue pour mars 2011. En réponse, depuis octobre dernier, les pompiers de la chimie refusent de participer à des exercices internes à Carling. Hier, la tension est encore montée d'un cran et les pompiers se sont mis en grève, soutenus par les syndicats CGT, CFDT, CFTC.

Les raisons de cette grève se trouvent dans un courrier interne à l'usine. La direction de Total Carling a décidé de hausser le ton via une lettre envoyée à tous les personnels pompiers.

Sanctions

Une missive assez sèche, en date du 5 février, signée du responsable sécurité environnement de Total Petrochemicals, et qui n'y va pas par quatre chemins : « Il n'est pas acceptable que les équipes de pompiers d'un site classé Seveso 2 seuil haut refusent de participer aux exercices ». Les responsables de Total estiment même que cette attitude peut être constitutive « d'un refus de travail passible de sanctions disciplinaires. A ce stade, le fait qu'une réorganisation soit en cours ne constituerait pas une excuse justificative vis-à-vis des instances judiciaires ». Pour Denis Flausse (CGT), il s'agit clairement « de menaces de sanctions pouvant aller jusqu'au licenciement » mais aussi « d'une maladresse, d'une manoeuvre d'intimidation » de la direction.

Avant de se mettre en grève, les personnels pompiers ont illico répondu par écrit au responsable sécurité environnement pour qualifier sa missive de « provocation ».

Un exercice doit justement être organisé aujourd'hui, sur le site chimique. « Il n'aura pas lieu », lance Denis Flausse. « Il aura bien lieu. Les pompiers seront réquisitionnés. Nous devons satisfaire à des obligations légales et réglementaires en matière de sécurité. Nous avons déjà été assez conciliants depuis octobre dans ce dossier », rétorque une porte-parole de la direction jointe hier. Le bras de fer va donc se poursuivre aujourd'hui à Carling.

Stéphane MAZZUCOTELLI.