Toujours déterminés

Publié le 12/04/2012
De retour de Paris, les Mittal ont repris le combat aux portes de leur usine. Ils ont bloqué, hier, l'accès aux Grands bureaux de Florange et réclament une rencontre avec le directeur général France.
Toujours déterminés
Toujours déterminés
De retour de Paris, les Mittal ont repris le combat aux portes de leur usine. Ils ont bloqué, hier, l'accès aux Grands bureaux de Florange et réclament une rencontre avec le directeur général France.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 12 Avril 2012 / Région /

 

 

Le combat continue. De retour de Paris, les militants CFDT et CGT bloquent à nouveaul'accès aux grands bureaux de Florange en attendant de rencontrer un dirigeant d'ArcelorMittal. Photo Dominique STEINMETZ

Indéboulonnables ! Les ampoules ne sont pas encore soignées mais déjà ils font le pied de grue aux portes des Grands bureaux. Huit semaines de mobilisation, plus de trois cent cinquante kilomètres sur les routes et une promesse clamée tout au long du trajet : « On ne lâche rien ! » Promesse tenue. À peine le temps d'un week-end pascal pour se remettre de leur escapade parisienne et « les Mittal » ont repris le combat.

Ils étaient une trentaine, hier au petit matin, drapeaux orange CFDT et rouges CGT, pour bloquer l'entrée des Grands bureaux à Florange. Dès 7h, les « cols blancs » employés du site ont trouvé grilles fermées.

Loin des encouragements le long des routes et des soutiens du show-biz, le groupe de militants fait face aux cadres, alignés silencieux de l'autre côté de la rue. « Réveillez-vous ! », lance Jean Mangin (CGT) aux salariés. Sans effet. Au long de la matinée, seuls quelques-uns traverseront la route pour entamer la discussion mais aucun n'ose vraiment afficher son soutien au mouvement. Ou alors anonyme. « Beaucoup croient qu'ils passeront entre les gouttes ou qu'on ne peut plus rien faire. » Les syndicalistes crient le contraire.

Déjà des licenciements

Ils ne sont peut-être qu'une « poignée », mais bien décidé à faire le job. « C'est toute l'histoire syndicale, il faut une poignée d'ouvriers pour réveiller les consciences », rappelle encore Édouard Martin. « On est en résistance ! insiste Jean Mangin (CGT), chaque jour qui passe est un jour perdu. La réalité c'est déjà des licenciements chez les sous-traitants - sept personnes chez Florange Logistic le mois dernier - et des intérimaires qui gonflent les chiffres du chômage. Avec ou sans Ulcos si on ne redémarre pas les hauts fourneaux, on est mort ! »

Toujours sous le coup d'une décision du tribunal de grande instance de Thionville permettant de faire cesser toute entrave au fonctionnement de l'usine (les syndicats ont fait appel de cette ordonnance), les militants ont pourtant tenu, toute la journée, le blocus sans être inquiétés par les forces de l'ordre. Seul un constat d'huissier a été effectué.

Invitation au patron

« Des décisions industrielles vont se prendre mais rien ne transpire. On ne bougera pas tant qu'un membre de la direction ne viendra pas nous dire ce qu'ils sont en train de nous préparer », tance Édouard Martin (CFDT). « On attend, juste le nom et l'heure du rendez-vous », sourit Frédéric Weber (CFDT).

Mais, hier soir, ni Hervé Bourrier, directeur général d'ArcelorMittal France, ni aucun autre dirigeant, n'avait répondu à « l'invitation » des syndicats. Le blocage des Grands bureaux se poursuivra ce matin. Une réunion de l'intersyndicale (FO compris, même si ses militants ne se sont pas associés à cette dernière action) est également prévue pour envisager la suite du mouvement.

D'ici la mi-mai, l'industriel devrait se prononcer quant à un éventuel redémarrage des hauts fourneaux pour le dernier trimestre de l'année. L'intersyndicale promet déjà de se rappeler au bon souvenir du patron et, à qui de droit, « après le six mai ! »

Lucie BOUVAREL.