Trempés, fatigués mais heureux d'y être allés !

Publié le 08/09/2010
Trempés, fatigués mais heureux d'y être allés !
Trempés, fatigués mais heureux d'y être allés !

Le Républicain Lorrain, Mercredi le 08 Septembre 2010 / SRB
 

 

Motivés les manifestants partis sous les couleurs de la CFDT. Tous les syndicats ont mobilisé largement autour d'eux pour aller gonfler les rangs du cortège messin. Photo : Laurent MAMI.

Sept bus bondés de manifestants sont partis hier à midi de Sarrebourg pour rejoindre le cortège organisé à Metz. Deux heures de route pour battre le pavé, et rentrer le sentiment du devoir accompli.

La pelouse située devant le centre socioculturel Malleray grouillant de monde, hier, juste après midi. Il y avait beaucoup d'orange et un peu de bleu. Des militants de la CFDT et de la CFTC, et des responsables syndicaux qui attendaient leurs compagnons de route, inscrits pour monter dans les autobus affrétés par les centrales syndicales en ce jour de grève. Direction Metz et la manifestation régionale. Chaque fois, c'est le même refrain pour les mécontents du pays de Sarrebourg : autocar, marcher, hurler, et re-autocar. Un pèlerinage presque habituel. Vécu, cette fois-ci, par un nombre de personnes inhabituel. Sept bus remplis : record battu pour les syndicats.

« Quarante-deux ans ça suffit, non ? »

A la CFDT, Gérard Saint-Eve n'en finit plus de s'étonner de l'ampleur de la grogne populaire. « On sent que les gens sont de plus en plus remontés, plus que la dernière fois avant l'été. tout le monde braille ! » Les 20 % pour la pénibilité, prévus dans la réforme, des retraites, lui semblent « inacceptables » et il le répète, à l'envie, à voix haute. Quant à l'âge légal de départ en retraite, ça lui donne des boutons : « Quarante-deux ans, ça suffit déjà largement, non ? » Le bus s'avance. Les petits groupes se forment devant les portes. Certains chauffeurs sont des grévistes. « On a pris les plus grands du parc ! », annonce fièrement Gérard Saint-Eve. Une dernière parole en montant les marches : « Mais la prochaine fois, s'il faut encore en mettre ce n'est pas un problème »

A Sarrebourg personne ne se sent protégé

A deux pas, la CFTC fourbit aussi ses slogans et ses banderoles. Alain Muller la sent, cette forte mobilisation. « Les gens ont conscience de l'importance de la réforme en cours, explique-t-il. Ils ont peur pour leur avenir, leur retraite mais aussi celle de leurs enfants. et à Sarrebourg personne ne se sent protégé. » Alors, la CFTC, tout comme les autres syndicats sud mosellans, la CGT et FO, ont mobilisé large.

Les compteurs sarrebourgeois se sont affolés dans les rues messines. Gérard Saint-Eve a compté treize mille personnes. Alain Muller en a vu au moins huit à dix milles. Ils ont surtout reçu des cordes d'eau sur la tête. « Pas déçu du déplacement, lâche Gérard Saint-Eve sur le chemin du retour. On a vu des gens qu'on ne voit habituellement pas dans les manifestations, des cadres et des fonctionnaires. Le ras-le-bol s'installe partout. Mais on aura les capacités de transport et l'encadrement pour accueillir tout le monde. Sur un coup comme ça, le front syndical est uni ! » Pour Gérard Saint-Eve, ça ne finit jamais. Arrivé à Bourdonnay, il était encore totalement absorbé par la lutte en cours.

Dans un bus de la CFTC, même ambiance. Les oreilles, collées parfois aux radios pour écouter les informations venant de Paris. « Deux millions de personnes dans les rues, ils les auront ! » Alain Muller saluait chaleureusement le mérite des participants. « Je pense sincèrement que les gens sont prêts à continuer ! »

Les habits étaient mouillés, la fatigue commençait à se ressentir. Le chauffeur a mis un peu de chauffage. Du coup, certains ont piqué un peu du nez sur leur siège. 18h45, Sarrebourg. Fin du voyage.

O.S.