Trop de morts au service de chirurgie cardiaque Bon Secours

Publié le 13/10/2010
Le service de chirurgie cardiaque du centre hospitalier régional (CHR) Bon Secours de Metz a été fermé lundi par l'Agence régionale de santé (ARS) en raison du taux de mortalité « élevé » qui y a été observé en 2009.
Trop de morts au service de chirurgie cardiaque Bon Secours
Trop de morts au service de chirurgie cardiaque Bon Secours
Le service de chirurgie cardiaque du centre hospitalier régional (CHR) Bon Secours de Metz a été fermé lundi par l'Agence régionale de santé (ARS) en raison du taux de mortalité « élevé » qui y a été observé en 2009.

« Cette suspension administrative, qui est temporaire, a été décidée par l'ARS pour que soient déterminées les raisons d'une augmentation importante du taux de mortalité observée dans ce service » l'an dernier, a précisé la directrice du CHR, Véronique Anatole-Touzet.

« Ces raisons doivent être déterminées par une expertise complémentaire ordonnée par l'ARS pour mettre fin aux manquements et aux dysfonctionnements observés », a-t-elle ajouté. Diligentée en septembre par l'ARS, une première mission d'expertise de deux chirurgiens cardiaques et d'un anesthésiste avait révélé « un taux de mortalité élevé » dans le service de chirurgie cardio-vasculaire et thoracique dirigé par le Dr Pierre-Michel Roux, a-t-elle précisé. Celui-ci n'était pas immédiatement disponible hier après-midi pour commenter la décision de fermeture. Le taux de mortalité a atteint pour les pontages coronariens 4,8 % des malades hospitalisés alors que la moyenne nationale se situe à 3,4 % dans les services de chirurgie cardiaque, a indiqué le directeur de l'ARS, Yves Grall, joint au téléphone à Nancy.

Pour les opérations de remplacement de valves cardiaques, le taux de mortalité s'est établi à 19,1 % l'an dernier au CHR de Metz alors qu'il est de 6,9 % en moyenne nationale, a-t-il ajouté. « Lorsque ces dysfonctionnements auront été clarifiés, je prendrai une décision sur la ré-ouverture ou non du service de Bon Secours », a-t-il encore dit.

« Il faut bien comprendre que les patients admis dans le service souffrent de pathologies lourdes », a souligné la responsable CFDT au CHR, Catherine Morel. « Le risque (de mortalité, ndlr) est de ce fait plus élevé que dans d'autres services », a-t-elle estimé. « Les mesures conservatoires ont été prises pour assurer la continuité de la prise en charge » des 12 patients qui se trouvaient encore lundi dans le service du Dr Roux, a assuré Mme Anatole-Touzet.