Ulcos : décision encore reportée

Publié le 15/11/2012
Florange : des élus demandent un report de la date limite du processus de reprise
Ulcos : décision encore reportée
Ulcos : décision encore reportée
Florange : des élus demandent un report de la date limite du processus de reprise

© L'Est Républicain, Jeudi le 15 Novembre 2012 / Région Lorraine / Florange

 

Florange. Ce n'est pas encore aujourd'hui qu'on sera fixé sur le sort d'Ulcos. La réunion chargée de plancher sur le sujet à Bruxelles et présidée par la commissaire européenne à l'action climatique Connie Hedegaard, a été repoussée. Encore. C'est désormais courant décembre que les annonces sur les projets CSC (capture stockage carbone) pourraient être faites. Voilà deux ans pourtant qu'ont été lancés les premiers appels NER 300, le programme de soutien aux projets énergétiques européens en faveur du climat. Ulcos figurait dans la liste finale des huit dossiers retenus en juillet dernier, mais en huitième et dernière position.

Depuis, les lignes ont sérieusement bougé car deux projets anglais qui tenaient le haut de la liste ont été retirés par le gouvernement britannique.

Difficile de croire en une coïncidence, la réunion de ce jeudi a été reportée au lendemain même de la publication de la dépêche Reuters annonçant ce retrait britannique. A priori, c'est le financement qui bloque, l'Europe demandant expressément un engagement des Etats. Pas question de subventionner au-delà de 50 %.

Voilà qui n'arrange pas les affaires de la France qui, elle, garde au chaud une enveloppe de 150 MEUR au cas où Ulcos serait retenu. Incroyable d'ailleurs d'apprendre que la première liste de sélection, celle qui justement plaçait ULCOS en huitième et der0nière place, ne se basait pas sur des critères de qualité ou de faisabilité, mais financiers. Le projet britannique Don Valley Power projet étant le moins cher (150 MEUR), il s'était retrouvé en tête ! Vrai qu'Ulcos et ses 620 MEUR pouvaient effrayer, même si, au final, ce ne sont que 220 MEUR qui sont demandés à l'Europe. Bien en deçà des 50 %.

Si le pataquès anglais semble embarrasser Bruxelles, l'urgence industrielle française, elle, ne l'a jamais ému. Jamais Connie Hedegaard n'a accepté de bousculer son calendrier pour rendre un avis sur Ulcos et ainsi, peut-être, inciter Mittal à pérenniser la filière liquide.

Car l'enjeu reste le même. Hauts fourneaux et aciérie fermés par Mittal, les espoirs restent concentrés sur l'hypothèse d'un repreneur potentiel. Syndicats et politiques sont persuadés qu'une décision favorable au dossier mosellan constituerait un avantage certain pour un repreneur potentiel. CGT et Front de gauche, mardi à l'Assemblée nationale, demandaient déjà un report de la date limite du processus de reprise, fixée au 1er décembre. Philippe Tarillon, président PS du Val de Fensch, se laisserait bien tenter également par un report « Ulcos devient du domaine du possible. Même si Bruxelles n'est qu'une décision de principe qu'il faudra mettre en oeuvre, savoir qu'Ulcos pourrait se faire à Hayange peut changer beaucoup de choses. Parallèlement, il faut absolument que l'Etat clarifie la situation et que l'Europe se positionne enfin. » Visiblement, on doit pouvoir mieux faire côté lobbying à Bruxelles.

C'est peut-être ce qui se dira aujourd'hui à Florange où une réunion CFDT est programmée avec Ulcos pour unique thème. Nathalie Griesbeck, députée européenne, y est annoncée.

L. S.