Ulcos : info ou intox ?

Publié le 20/10/2011
Un permis officiel de recherche est signé pour le dossier d'ArcelorMittal Florange, mais les syndicats restent prudents.
Ulcos : info ou intox ?
Ulcos : info ou intox ?
Un permis officiel de recherche est signé pour le dossier d'ArcelorMittal Florange, mais les syndicats restent prudents.

© Vosges Matin, Jeudi le 20 Octobre 2011 / Région Vosges

La réalisation du projet pilote offrirait à la sidérurgie lorraine une avance technologique décisive d'une vingtaine d'années sur l'ensemble de ses concurrents dans le monde. (Photo Alexandre MARCHI -- ER)

Un permis de recherche permettant l'avancement du dossier Ulcos a été signé récemment. L'information, relayée par le ministre de l'Industrie Eric Besson, a été reçue avec prudence par les milieux syndicaux de Florange. « Un non-événement », tranche Édouard Martin, le spécialiste du dossier à la CFDT. « Cette demande remonte même à avril 2010. Il était temps, je pensais d'ailleurs qu'elle était déjà acquise... Nous y voyons plutôt une nouvelle démarche politicienne du ministre qui cherche à revenir dans le débat d'où il a été absent. »

La récente mise en veille du dernier des hauts-fourneaux de Florange continue de susciter les inquiétudes les plus vives auprès des 3 000 salariés de ce secteur de Moselle. La décision d'officialiser le lancement de ce projet pilote reviendra à Bruxelles.

Cet équipement, qui figurait parmi les engagements de Nicolas Sarkozy à l'époque de l'annonce de la fermeture de Gandrange, consiste à bâtir une usine de récupération des gaz de CO2 générés par la sidérurgie. Les gaz seraient alors partiellement réinjectés dans les circuits de combustion, l'autre partie étant liquéfiée, avant d'être enfouie à 1 800 mètres de profondeur dans les sous-sols géologiques. D'où la démarche des pouvoirs publics d'examiner la qualité géologique des terrains.

« Comme par hasard, après la présidentielle »

« Si le dossier se concrétise pour Florange, cela permettra effectivement de conserver nos 3.000 emplois, avec même quelques centaines d'emplois supplémentaires. Et cela offrira à la sidérurgie lorraine une avance technologique décisive d'une vingtaine d'années sur l'ensemble de ses concurrents dans le monde », observe Édouard Martin.

Mais de promesses en promesses non concrétisées, l'univers syndical s'affiche très circonspect. « On nous annonce cette décision pour juin 2012. Comme par hasard juste après la présidentielle... Il ne s'agit pas de devenir parano, mais pourquoi pas mars ou avril 2012 ? », poursuit le leader syndical qui évoque même un possible « deal entre Barroso, Sarkozy et Mittal ». Tel qu'il a été présenté à l'origine, le coût du projet Ulcos (environ 600 millions d'euros) serait partagé entre des aides européennes (250 millions d'euros), une participation de Mittal (200 à 250 millions d'euros), l'État français à travers le grand emprunt (150 millions d'euros) rejoints par l'ensemble des collectivités territoriales (Région Lorraine, conseils généraux...) pour 30 millions d'euros.

Voilà pour les grandes lignes d'un projet qui, « sera ou non validé par Bruxelles », rappelle le représentant syndical, toujours très remonté. « La décision de fermer Florange, si elle est prise, ne repose sur rien car nous sommes bénéficiaires. S'il faut aller brûler l'Élysée ou la commission de Bruxelles, on ira... »

Antoine PETRY