Un collectif contre la montée du FN : « Le Bassin houiller est une terre de brassage »

Publié le 14/06/2012
Régis Metzger, enseignant à Forbach, a écrit un texte et mobilisé des personnalités du monde associatif, culturel et syndical afin de réagir à la montée de l'extrême droite. « Notre action s'inscrit dans la durée », jure-t-il.
Un collectif contre la montée du FN : « Le Bassin houiller est une terre de brassage »
Un collectif contre la montée du FN : « Le Bassin houiller est une terre de brassage »
Régis Metzger, enseignant à Forbach, a écrit un texte et mobilisé des personnalités du monde associatif, culturel et syndical afin de réagir à la montée de l'extrême droite. « Notre action s'inscrit dans la durée », jure-t-il.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 14 Juin 2012 / FOR /

 

 

Les signataires du texte de Régis Metzger, enseignant à l'initiative « d'une riposte citoyenne » contre la montée du FN, sont des membres d'associations, des artistes, des syndicalistes, etc. Photo Philippe RIEDINGER

Les visages étaient assez graves hier dans une salle du centre culturel de Forbach.

Une quarantaine de personnes ont assisté à la naissance d'un collectif d'opposants aux thèses défendues par le FN en cette période électorale, spécifiquement dans le Bassin houiller où le vote d'extrême droite s'enracine.

Régis Metzger est à l'origine de cette initiative. Ce Stiringeois, enseignant à Forbach, mais aussi militant associatif et syndical, a écrit un texte intitulé Le Bassin houiller, terre d'accueil et de solidarité. Il invite le plus grand nombre à le signer. Son idée : rappeler que la région a construit son identité et sa richesse culturelle sur le brassage des populations. « Soit l'inverse de ce que propose l'extrême droite avec le repli sur soi et l'isolement. Nous ne sommes pas pour la pureté. Nos mines ont tourné avec des Allemands, des Polonais, Des Italiens, des Algériens... Nos cités s'appellent Maroc, Mouzaïa, Habsterdick », insiste Régis Metzger.

« Pas téléguidés »

Clairement, l'instituteur appelle « à ne donner aucune voix, dimanche prochain, aux candidats du Front national qui véhiculent racisme et xénophobie ». Pour autant, le Stiringeois réfute l'argument du téléguidage politique. « Ni le PCF, ni Laurent Kalinowski ne participent à notre action. Je ne les ai pas avertis de mon initiative », jure Régis Metzger en réponse à Florian Philippot, porte-parole de Marine Le Pen (lire ci-dessous).

Il poursuit : « D'ailleurs, on ne veut pas être réduits à un collectif anti-Philippot ou anti-FN. On veut s'inscrire dans la durée. Simplement, l'extrême droite veut clairement s'emparer de la place : nous voulons la garder ».

Une action de résistance en quelque sorte. « Nous allons faire des actions avec des artistes qui nous soutiennent, peut-être recréer des lieux de rencontre pour discuter d'avenir et recréer du lien social. Nous ne nions pas les problèmes, surtout économiques, du Bassin houiller. Nous savons que les gens souffrent et peuvent avoir des raisons d'être en colère. Mais nous disons aussi que le FN n'est pas la solution. Notre secteur n'a pas besoin de coupables, ces Saïd, Nabila, Irma, Mario que montre du doigt l'extrême droite. Nous avons besoin d'une ambition et d'une dynamique. Je donne rendez-vous au 2 juillet à tous les signataires pour une synthèse de nos actions et voir comment la pérenniser », conclut Régis Metzger.

Frédéric Simon, patron du Carreau scène nationale de Forbach, est signataire de cet appel. Pour lui, il était nécessaire « de donner l'alerte sur une situation qui est allée trop loin ». Autour de 30 %. Il ajoute : « Nous pensons qu'il y a urgence et qu'il faut entamer un travail de fond contre la montée de l'extrême droite ». Parmi les premiers adhérents à la démarche figurent de nombreux artistes dont le chanteur Louis Arti, des organisations syndicales comme la CFDT ou la CGT, des militants associatifs...

Stéphane MAZZUCOTELLI.