Un cortège rouge pour le « fossoyeur de la sidérurgie »

Publié le 23/03/2012
Les métallos de Fos-sur-Mer ont fait la démonstration d'un certain savoir-faire en matière de manif.
Un cortège rouge pour le « fossoyeur de la sidérurgie »
Un cortège rouge pour le « fossoyeur de la sidérurgie »
Les métallos de Fos-sur-Mer ont fait la démonstration d'un certain savoir-faire en matière de manif.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 23 Mars 2012 / THI /

 

Full Mittal Racket : le slogan que Jérôme a inscrit sur son casque de métallo florangeois, toute la France l'a vu. La CGT l'a même fait imprimer sur des autocollants distribués à tour de bras hier, à Florange. A l'appel du syndicat, les ArcelorMittal se sont retrouvés à Florange, venus du Luxembourg et de Belgique, des sites de Dunquerke, Fos-sur-Mer, Bourg-en-Bresse, Basse-Indre, Montataire... Les unions locales et départementales de toute la Lorraine étaient représentées, ainsi que la fédération nationale. Le Front de Gauche, le NPA et le PCF étaient largement présents aussi mais les élus socialistes du secteur avaient également fait le déplacement jusqu'à la mairie de leur collègue Philippe Tarillon. Dans le respect de l'intersyndicale locale, FO et la CFDT se sont joints au rassemblement... mais pas au cortège. Une fois le soutien marqué, la CFDT s'est retirée. Voilà pour la version officielle. En fait, quelques cégétistes de Fos-sur-Mer - dont un passablement énervé, voire imbibé - ont pris à partie Edouard Martin (CFDT). Rideau sur l'incident.

Accueil policier

Les sandwiches avalés, le cortège a pris la direction des grands bureaux où bien sûr, les militants ont trouvé grilles closes. Et derrière, d'impassibles vigiles d'une société privée, récemment engagée par le géant de l'acier pour tenir le portier de Florange. Le face-à-face n'a duré que le temps de faire céder la grille centrale. Pour se retrouver cette fois devant un quarteron de gendarmes mobiles et derrière eux, une dizaine de policiers en civil, matraques dans le dos. Empêchés d'avancer plus loin que l'infirmerie, interdits d'accès par l'arrière, les manifestants n'ont pas cédé à la violence, malgré ce comité d'accueil. Tandis que Thierry Renaudin, directeur du site, recevait une délégation de quatre personnes, les manifestants ont tourné les talons. Dans le calme. Ne laissant derrière eux que les lettres CGT tracées au sol et quelques faux dollars à l'effigie de Mittal. Le prix du travail ou celui du chômage ?