Un signal positif

Publié le 05/06/2012
Alors que le conflit Mittal Florange s'enlisait, que les militants luttaient contre le désenchantement, le conflit vient de prendre une nouvelle tournure avec l'intersyndicale reçue à l'Elysée.
Un signal positif
Un signal positif
Alors que le conflit Mittal Florange s'enlisait, que les militants luttaient contre le désenchantement, le conflit vient de prendre une nouvelle tournure avec l'intersyndicale reçue à l'Elysée.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 05 Juin 2012 / THI /

 

 

Sortie groupée sur les marches de l'Elysée pour les syndicats reçus hier par le président de la République. Photo MAXPPP

A force de ne voir que des CRS... ça fait du bien de se sentir considéré. Ça valorise notre action. » Yves Fabbri (CGT) est un salarié de longue date et jamais, il n'avait eu droit aux honneurs de l'Elysée. « Ça fait drôle. Ça fait chaud, aussi. »

Edouard Martin (CFDT) apprécie, lui aussi. « Du statut de casseurs, on est passé à celui de gens respectables. Une tout autre attitude et un président très à l'écoute, très ferme aussi. Ils nous ont dit qu'il était hors de question qu'ils laissent faire n'importe quoi. Leur volonté est de chercher toutes les solutions pour pérenniser Florange. »

Evidemment, aucun d'eux n'est dupe. Les mots miracle, les coups de baguette magique... Cette génération de syndicalistes n'y a même jamais cru. La sidérurgie et ses sidérurgistes ont été trop souvent trahis pour tout prendre pour argent comptant. N'empêche. « On était sur une autre planète par rapport au président Sarkozy », commente Walter Broccoli (FO) qui s'est déclaré « très à l'aise » sous les dorures de la République, « on ne se rend pas forcément compte qu'on est dans un lieu mythique. Hollande a tout fait pour nous mettre à l'aise ».

« L'Elysée, c'est la classe ; ça fait drôle... mais d'un autre côté, c'est resté très simple, dépeint Jean-Marc Vécrin (CFDT). Je n'ai pas été surpris par ce style. Quelque part, c'est ce que j'attendais de lui. » Philippe Tarillon, maire PS de Florange, est dans la même tonalité, « l'homme François Hollande n'a pas changé. Il est resté proche des gens, proche de ses amis. Quand le président vous tutoie et vous appelle par votre prénom... ça fait plaisir. Même si pour moi, c'était : Monsieur le Président ». Walter Broccoli a eu le même sentiment : « Il était venu à Florange, ce n'était pas une découverte de l'homme, plutôt des retrouvailles... » La réception des hommes qui ont effectué la marche Florange-Paris a définitivement scellé le côté convivial avec séquence photo et dédicaces. Jean Mangin (CGT) en conservera sans doute un inoubliable souvenir, même si ses propos restent d'abord attachés à Florange et son devenir.

Textes : Laurence SCHMITT.