Une folie douce pour « Bedos »

Publié le 13/03/2012
L'humoriste Guy Bedos était à Florange hier pour apporter son soutien aux métallos d'Arcelormittal, qu'il a invités à la « fermeté douce » pour obtenir le redémarrage des hauts-fourneaux de leur aciérie
Une folie douce pour « Bedos »
Une folie douce pour « Bedos »
L'humoriste Guy Bedos était à Florange hier pour apporter son soutien aux métallos d'Arcelormittal, qu'il a invités à la « fermeté douce » pour obtenir le redémarrage des hauts-fourneaux de leur aciérie

© L'Est Républicain, Mardi le 13 Mars 2012 / Région Lorraine + Vosges Matin

 


 

« J'ai horreur du sang et de la violence. J'aime bien la révolution citoyenne. » Photo Théophile DUBOIS

Florange. Sa voiture n'aura même pas pu atteindre le parking. Arrêtée en pleine rue, à quelques mètres des locaux syndicaux.

« Il fait plus fort que Hollande ! », s'écrie un salarié. Il n'est pourtant pas candidat à la présidentielle Guy Bedos, et il le répète à l'envie. Il est juste venu soutenir les métallos de Florange, en lutte depuis le 20 février dernier pour obtenir le redémarrage de leurs hauts-fourneaux, plongés en comma artificiel par Lakshmi Mittal.

« Hééé, mais c'est nous qu'il vient voir ! Font chier les journalistes ! Nan mais c'est fou ! ». Voilà déjà un quart d'heure que Guy Bedos est vampirisé par une meute de caméras et de micros, au milieu de l'avenue des Tilleuls, à quelques mètres de la centaine de sidérurgistes qui l'attendent. Il en faudra, de longues minutes pour que Guy Bedos et son nuage médiatique puissent enfin atteindre le barbecue installé pour l'occasion derrière les locaux syndicaux. Là encore, cohue, noms d'oiseaux... Bedos tente de rejoindre la sono, pas à pas pour prendre la parole. Mais... Trop c'est trop. Les caméras interfèrent avec la sono ! Tant pis pour le discours. Plus d'une heure après son arrivée, Guy Bedos rejoint enfin quelques sidérurgistes à table. « Si je suis venu, c'est parce que je suis révolté par la mauvaise manière qu'on essaie de vous faire », explique-t-il en partageant la paella du jour.

« Si les gens comme moi ne se bougeaient pas, les conflits comme le vôtre se dérouleraient dans l'indifférence générale », a-t-il poursuivi, en demandant à Nicolas Sarkozy de « prendre des vacances, longues de préférence ».

Objectif largement dépassé pour l'humoriste qui était rejoint dans sa visite par le journaliste Lorrain Denis Robert. Si les salariés, ont un peu pâti de cet emballement médiatique, ils ont apprécié le geste : « ça fait chaud au coeur de savoir qu'il y a des gens qui nous soutiennent et qu'ils viennent nous voir ! ».

Les métallos à Paris jeudi

Plus tard dans la journée 400 salariés d'ArcelorMittal et leur intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE CGC) se sont rassemblés à La Passerelle de Florange avec les maires de la Vallée pour déterminer des actions à mener dans les jours prochains.

L'intersyndicale a notamment annoncé qu'elle effectuerait de nouveaux blocages aujourd'hui, qu'elle se rendrait dans tous les ateliers du site mercredi et qu'elle « monterait » à Paris jeudi.

Stéphanie SCHMITT avec l'AFP