Une nomination qui divise déjà

Publié le 11/10/2012
Comme une équipe de foot. - Xavier Le Coq, président de la CFE-CGC sidérurgie Arcelor, et président national, joue de la métaphore en évoquant le changement de directeur à la tête du site de Florange.
Une nomination qui divise déjà
Une nomination qui divise déjà
Comme une équipe de foot. - Xavier Le Coq, président de la CFE-CGC sidérurgie Arcelor, et président national, joue de la métaphore en évoquant le changement de directeur à la tête du site de Florange.

© Vosges Matin, Jeudi le 11 Octobre 2012 / Région Vosges / Florange

« Ce mouvement, c'est un peu comme lorsque les choses vont mal dans une équipe de foot. Si au bout de plusieurs matches ça ne va pas, on change de capitaine. Thierry Renaudin s'est retrouvé à gérer une usine dans laquelle les syndicats ne voulaient plus communiquer avec lui. Je connais Henri-Pierre Orsoni qui préside le CCE depuis plusieurs années. C'est un homme franc à mon sens. Il n'a pas peur du contact avec les syndicats et les salariés. Il est plus communicant. » Le responsable reconnaît que la direction « suit sa stratégie, en parlant de 'mise en cohérence ', mais, que du coup, Florange va devenir une partie de l'aval de Dunkerque ».

Pas un ami de Florange. - Du côté de la CFDT, l'avis est tout autre. « Henri-Pierre Orsoni, qui présente aujourd'hui toutes les apparences d'un cumulard, est un fervent défenseur du site de Dunkerque, assure Edouard Martin. Alors que le troisième haut-fourneau de Dunkerque était à l'arrêt, il n'a jamais voulu entendre parler du rallumage de l'un des hauts-fourneaux de Florange. Ce n'est pas un ami de Florange. La direction nous envoie, par sa nomination, un mauvais signal qui est loin de nous rassurer. Désormais, il dirigera Dunkerque, Florange, et l'association AMAL, ArcelorMittal Atlantique & Lorraine, qui regroupe sur sept sites des milliers de salariés. »

Filiale de Dunkerque. - Force Ouvrière « sent » que par cette annonce, « il y a de la restructuration dans l'air, analyse Walter Broccoli. Et que pour le moins, « cette nouvelle signe et confirme l'arrêt de la filière liquide à Florange », et que « ça va tomber. On ne regrettera pas le départ de Renaudin, il aurait pu davantage défendre notre site. Aujourd'hui, c'est un autre combat qui nous attend : celui du packaging. »

Bonnet blanc et blanc bonnet. - Sur le chemin du retour de Paris, Jean Mangin parle, lui, de « non-événement. On sait où la direction compte aller », assure le cégétiste. Le directeur fraîchement nommé « appliquera la stratégie de la direction. A son arrivée, on lui fera rappeler qu'on est là pour défendre le site ». Reboosté par son escapade dans la capitale, le militant n'y va pas par quatre chemins : « On continue le combat, avec ou sans salariés. »

Emmanuel CORREIA