Une plainte durcit le conflit

Publié le 13/04/2012
Les militants CFDT ont bloqué, hier, les expéditions du site florangeois. Le conflit s'est durci après une plainte pour menaces visant trois syndicalistes.
Une plainte durcit le conflit
Une plainte durcit le conflit
Les militants CFDT ont bloqué, hier, les expéditions du site florangeois. Le conflit s'est durci après une plainte pour menaces visant trois syndicalistes.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 13 Avril 2012 / Région /

 

 

Les syndicalistes ont brûlé des pneus au portier Saint-Agathe pour manifester leur mécontentement. Photo Dominique STEINMETZ

C'est une guerre de communication ! On est resté digne, et ils veulent nous salir. » Un gros coup de colère après huit semaines de conflit. Hier matin, c'est devant un bûcher de pneus, au portier Saint-Agathe, que trois syndicalistes CFDT - Edouard Martin, Antoine Terrak et Luis De Freitas - ont reçu, en mains propres, une convocation au commissariat de police de Thionville. Ils devront s'expliquer, ce matin, dans le cadre à d'une plainte pour menaces de mort, déposée par un agent de sécurité, et les déclarations de cinq salariés, mercredi après-midi, alors que les militants tenaient l'entrée des Grands Bureaux. Une action qui a alourdi l'ambiance. Réaction épidermique, la CFDT a bloqué, hier, le portier des expéditions.

Au rythme des rumeurs annonçant l'intervention imminente des forces de l'ordre, une vingtaine de chasubles orange a maintenu le blocus toute la journée, entre colère et réconfort à chaque message de curieux venus les soutenir, comme un couple de Sarthois de passage.

Mais à l'heure des prises de postes, la mobilisation des salariés était encore difficile et les soutiens exprimés très discrètement. « Quand on a marché, les salariés étaient fiers de nous, on a eu des messages de soutien, même des cadres ! Mais maintenant, ils n'osent pas en parler », regrettait Luis De Freitas. « Ici, il y a même des syndiqués qui ne veulent pas que ça se sache », confiait un autre salarié.

Tous ensemble

Si la CFDT a mené seule, et sans réelle concertation, le blocage des expéditions, l'intersyndicale FO-CGT-CFDT discute toujours. L'occasion, hier matin, « de se dire des vérités », avouent les représentants CGT, mais aussi de reposer les choses. « Le mouvement est long. Il ne faut pas qu'il y ait de malentendu p our une adhésion collective », reconnaît Frédéric Weber (CFDT).

D'ici la fin de la semaine, chacun retournera auprès des salariés convaincre de l'importance de l'action. « La direction veut nous décrédibiliser, mais les militants ne sont pas abattus, insiste Jean Mangin (CGT), les salariés doivent prendre conscience du danger et de la nécessité du rapport de force. Ce qu'on demande, c'est la vérité. Mittal fait la pire des choses : il nous laisser mariner. » L'intersyndicale se réunira à nouveau lundi matin pour définir d'autres actions collectives. L'appel à manifester à Saint-Denis, le 20 avril prochain, autour d'un comité central d'entreprise au siège du groupe ArcelorMittal Atlantique et Lorraine est d'ores et déjà lancé.

« On était à Paris la tête dans les étoiles, mais on a bien gardé les pieds sur terre ! », assure encore Frédéric Weber.

Lucie BOUVAREL.