VIE SYNDICALE CFDT - MARCEL KILLIAN : «COMMENT ? VOUS FAITES DE LA POLITIQUE ?»

Publié le 20/03/2009
Une figure historique du syndicalisme sarrebourgeois a tourné la page, hier, presque dans l'intimité de ses camarades de lutte, dans une salle du centre socioculturel Malleray. Marcel Killian a bouclé un parcours de luttes et de solidarité.
VIE SYNDICALE CFDT - MARCEL KILLIAN : «COMMENT ? VOUS FAITES DE LA POLITIQUE ?»
VIE SYNDICALE CFDT - MARCEL KILLIAN : «COMMENT ? VOUS FAITES DE LA POLITIQUE ?»
Une figure historique du syndicalisme sarrebourgeois a tourné la page, hier, presque dans l'intimité de ses camarades de lutte, dans une salle du centre socioculturel Malleray. Marcel Killian a bouclé un parcours de luttes et de solidarité.

Marcel Killian entouré des responsables de l'union CFDT de Sarrebourg qui ont reconnu en lui «une référence dans le monde syndical du Sud mosellan».

La voix de son enfant, qui lors d’un grand moment de doute, lance à son père : «Je suis fier de toi, papa ! » Il y a des engagements qui tiennent parfois à peu de choses, un mot de fiston qui requinque le paternel pour vingt ans ! Comme ce moment familial, où tout aurait pu s’arrêter. Mais c’est hier que Marcel Killian a tourné la page de sa vie de syndicaliste. A 80 ans, l’ancien chef de file de la CFDT pour tout le bassin sud mosellan se laisse enfin du temps d’être en famille et a fait ses adieux à l’union, aux plus jeunes qui ont déjà assuré la relève dans la défense et l’information des salariés de tous les secteurs d’activité. Ses principales fonctions, Marcel Killian les a exercées à la tête de l’ULR CFDT de Sarrebourg/Château-Salins, jusqu’en 2005. Ensuite, il a essayé de lancer une section de retraités de Bata. Une déception pour celui qui avait débuté en 1956, neuf ans après son embauche, dans un contexte social et politique très particulier : «Mon premier tract, c’était contre De Gaulle ! » Voilà qui pose un personnage… Les débuts du syndicalisme dans la région sarrebourgeoise n’ont pas été d’une franche facilité. «C’était la CFTC à l’époque, se remémore Marcel Killian. La direction m’avait appelé en me disant 'Comment ? Vous faites de la politique ?'» Avec une «bonne équipe », il participait aux réunions tenues dans des arrières salles de bistrots. Il est resté fidèle à son engagement, quelle que soit la tournure des événements, avec son style tout en rondeur et sa parfaite connaissance des procédures. «J’étais toujours un peu celui qui était là quand il n’y avait plus personne…»

Chanter l’Internationale
Là où il a vu rouge vif, c’est lorsque ses activités ont pesé sur la famille, avec des pressions exercées sur ses enfants, à Bata. Il n’a rien oublié : «On me l’a fait savoir mais j’ai toujours tenu le coup : j’allais directement à la direction demander des explications ! » Durant ces années, il a vu défiler des dossiers. Il a aussi vu naître les projets d’autogestion, la coopérative ouvrière qui a vraiment fonctionné. La CFDT, également, suite à une scission, et l’ascension dans le paysage social. «Les plus âgés qui avaient peur de l’évolution n’ont pas suivi mais nous, nous avions des jeunes militants. A la fin de chaque réunion on chantait l’Internationale !» Il y avait des convictions et du cœur. Des moments épiques aussi, lorsque les prêtres ouvriers venus des secteurs sidérurgiques ont poussé les ouvriers à la lutte. «D’ailleurs c’est un curé de la paroisse qui m’a offert mon premier code du travail ». Une autre époque…
O.S.
Publié le 20/03/2009 - Sarrebourg