Vite, il y a le feu...

Publié le 05/11/2011
Hier soir, les syndicats, toutes tendances confondues, sont ressortis avec un goût amer de leur rendez-vous au ministère de l'Industrie à Paris.
Vite, il y a le feu...
Vite, il y a le feu...
Hier soir, les syndicats, toutes tendances confondues, sont ressortis avec un goût amer de leur rendez-vous au ministère de l'Industrie à Paris.

© Le Républicain Lorrain, Samedi le 05 Novembre 2011 / THI
 
Tout mettre dans la balance pour sauver l'usine intégrée de Florange... Et cela doit passer par Ulcos et ses millions de subventions. Photo : Pierre HECKLER 

Certes, l'Etat a enfourché le cheval Ulcos, le positionnant en tête de liste des projets industriels à financer par Bruxelles... Mais cela suffira-t-il ? Le timing imposé par l'Europe pourrait bien servir les intérêts de Mittal, « neuf sites européens ont été mis à l'arrêt, dénonce Edouard Martin (CFDT). C'est un désert industriel qui se profile en Europe. » Et ce ne sont pas les fuites sur un document prospectif à horizon 2016 qui rassurent « Si on en croit leur courbe, nous Florange, on est condamné. La Belgique a été fermée suite à ces projections, » s'alarme le syndicaliste. Du coup, tous les espoirs convergent vers Ulcos. Ce système de captation de C0², permettrait de produire à Florange de l'acier propre. Une première mondiale qui pérenniserait le site, en ferait un laboratoire, boostant sa productivité de 20 à 30 %. Mais avec la filière liquide à l'arrêt, une politique industrielle à la Mittal favorisant l'acier produit dans les pays low-cost, les syndicats ne sont sûrs que d'une chose : « Il faut aller vite, très vite, piéger Mittal, l'obliger à faire Ulcos ». Pour cela, il faudra les 250 MEUR de subvention de l'Europe. Si l'affaire semble possible, la décision officielle ne sera pas rendue avant l'été prochain. « Trop tard, beaucoup trop tard, s'inquiète Xavier Le Coq (CFE-CGC). Il n'y a rien qui nous rassure sur l'avenir de Florange. Et certainement pas la fermeture de Liège. » Les travaux entrepris pour acheminer encore plus de brames depuis Dunkerque inquiètent. Les syndicats continuent leur blocage et la convocation lundi matin par Thierry Renaudin, directeur du site, ne laisse rien présager de bon. « L'écoulement est là, affirme Denis Pesce (CGT). On lamine 200 000 tonnes d'acier par mois ! Et pendant ce temps, l'Etat paye l'arrêt décidé par Mittal. » La question du paiement du chômage partiel a d'ailleurs fait débat au ministère. Reconduire ou non l'accord permettant le versement de 90 % du salaire des sidérurgistes au chômage partiel ? « Oui, trois fois oui, » insiste Walter Broccoli (FO). « Non, ose Edouard Martin. Mittal a les moyens de payer sa stratégie industrielle. Grâce aux deniers publics, ce sont les dividendes versés aux actionnaires qui s'accroissent. »

Laurence SCHMITT.