Vives inquiétudes chez Méca PM

Publié le 08/12/2011
Spécialisée dans l'usinage de pièces automobiles, la société Méca PM de Mondelange est sur le qui-vive. Chômage partiel et délocalisation à Boulay alarment les salariés, alors que les carnets de commandes se vident.
Vives inquiétudes chez Méca PM
Vives inquiétudes chez Méca PM
Spécialisée dans l'usinage de pièces automobiles, la société Méca PM de Mondelange est sur le qui-vive. Chômage partiel et délocalisation à Boulay alarment les salariés, alors que les carnets de commandes se vident.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 08 Décembre 2011 / MTZ /

 

 

Les salariés de cette entreprise, qui emploie majoritairementdes femmes, sont inquiets. Les carnets de commandes se vident, des mesures de chômage technique sont annoncéespour 2012. Photo Maury GOLINI.

Pertes de commandes, mauvais résultats financiers et chômage partiel... Depuis quelques semaines, les informations qui circulent au sein de l'entreprise Méca PM de Mondelange inquiètent la cinquantaine de salariés du site. À tel point qu'un comité d'entreprise extraordinaire s'est réuni hier matin.

Direction et élus du CE se sont rencontrés pour évoquer l'avenir de cette petite société, à 70 % féminine. Créée en 1947, Soled, aujourd'hui Méca Production Mosellane, a son activité principale tournée vers l'usinage de pièces pour l'automobile. Hier, tous ont voté pour le droit d'alerte et la nomination d'un expert-comptable au cas où la situation deviendrait alarmante et préoccupante.

« C'est assez complexe, explique Claudine Lamantea, déléguée CFDT. Notre société, qui était dans le groupe Altia depuis dix ans, a été vendue en décembre 2010. Le terrain, sur lequel nous sommes installés, a été vendu lui aussi. Du coup, la production sera délocalisée à Boulay, en juin prochain, puisqu'aucun autre lieu n'a été trouvé. C'est dans un bâtiment-relais, construit par la mairie et loué par Méca PM, que l'activité de se poursuivra. Boulay est à 40 km de Mondelange ! Ça ne sera pas facile pour certains salariés de s'y rendre... »

Du chômage partiel

Autre motif d'inquiétude : à partir de janvier 2012, des périodes de chômage partiel pourraient être décidées en fonction des besoins.

« Comme nous avons peu de matières, les cadences diminuent, déplore Marie Poinsignon, déléguée CFTC. Nous fabriquons des pièces qui sont livrées à Altia. Celle-ci les facture au client et nous paye, ensuite, au compte-gouttes. Si le chômage partiel ne suffit pas, il pourrait y avoir un second plan social, comme en mai dernier, où neuf personnes avaient déjà été licenciées. »

Et Claudine Lamantea de soupirer : « Dire qu'en 2009, on cartonnait au niveau des commandes ! À tel point qu'on était obligé de faire les trois huit. Aujourd'hui, nous n'avons plus assez de boulot et nous sommes trop nombreux. Altia nous a pillés. »

Secrétaire CFDT, Didier Zint poursuit : « En préfecture, à Metz, on a appris que le local de 3 000 m² serait pour dix personnes. On aimerait comprendre le rôle d'Altia qui, bien qu'ayant vendu Méca PM, reste très présente. » « J'ai peur que nous allions au dépôt de bilan, conclut Claudine Lamantea. Nous avons pourtant un savoir-faire avec une équipe de salariés qui ont beaucoup d'ancienneté. On veut juste garder nos emplois et que l'on nous aide à trouver des clients. »

Delphine DEMATTE.