Voies ferrées bloquées et vives explications

Publié le 22/10/2010
Les opérations coup de poing contre la réforme des retraites se sont poursuivies, hier matin, par l'envahissement de la gare de Metz et l'occupation des voies. Ça n'a pas plu à tous les usagers...
Voies ferrées bloquées et vives explications
Voies ferrées bloquées et vives explications
Les opérations coup de poing contre la réforme des retraites se sont poursuivies, hier matin, par l'envahissement de la gare de Metz et l'occupation des voies. Ça n'a pas plu à tous les usagers...

Le Républicain Lorrain, Vendredi le 22 Octobre 2010 / MTZ
 

 

Quinze trains ont subi des retards hier matin à Metz. Photo Maury GOLINI

Le train de 7h41 en direction de Luxembourg vient de partir quand la vague de manifestants emprunte l'escalier menant au quai numéro 1.

Ils sont deux cents, porteurs de drapeaux et motivés, fidèles à un rendez-vous fixé par SMS mercredi soir, par les fédérations syndicales.

Passés quelques instants d'improvisation et de flottement, ils bloquent l'ensemble des voies ferrées de la gare messine. Les passagers attendus au Grand-Duché du Luxembourg et en Moselle-Est se retrouvent piégés. Des chants anti-réforme résonnent. Les usagers restent interloqués. Quand, soudain, un cri nerveux perce, sous la verrière de la voie 3. « Fainéants ! Allez un peu bosser ! », lance un passager resté à quai. Des sifflets lui répondent, suivis d'insultes : « Facho ! »

La situation dégénère. Mais chaque camp reste à distance, contrairement à Thionville, où les choses ont dérapé (lire en pages Région).

Exaspération de ne pas pouvoir aller au travail, d'un côté ; certitude de se battre pour une juste cause, de l'autre. « C'est toujours la même chose : à chaque mouvement social, on embête ceux qui veulent travailler, ce n'est pas justifié. » « On a besoin d'aller travailler. Au Luxembourg, les patrons se fichent de ce qui se passe en France. On peut vite perdre son emploi. »

Les répliques syndicales sont travaillées : « C'est pour vous qu'on fait ça ! Il faut que ça bouge. » Jean parle, lui, « du temps qui passe vite. Travailler jusqu'à 62 ou 67 ans, ça n'a pas de sens. Ni pour les anciens ni pour les plus jeunes, qui n'ont pas accès, de fait, au marché du travail. »

Délégué CFDT, Stéphane parvient à détendre l'atmosphère et à calmer l'impatience des usagers en prenant le temps de la discussion. « Nous avons bien conscience de vous gêner, c'est pour ça qu'on a décidé de rester une heure sur place, rien de plus », explique-t-il à des mines un peu détendues.

Rendez-vous ce matin à 5h45

A l'écart, le responsable syndical mesure l'importance, pour les manifestants, d'avoir la population de leur côté. Pour la suite du combat. « 70 % des Français nous soutiennent. Il faut maintenir ce lien. C'est évident que nos actions peuvent déplaire, c'est pourquoi elles ne sont que ponctuelles. Mais je comprends le mécontentement des usagers. C'est normal qu'ils l'expriment aussi », dit-il calmement.

A 8h30, Stéphane bat le rappel. Si certains militants voulaient attendre les CRS, ils se plient finalement aux ordres.

Les usagers remontent dans les rames. Le trafic SNCF - quinze trains ont subi des retards allant de dix minutes à une heure - reprend déjà ses droits. « A demain ! », menacent certains manifestants. « Non, non, on ne reviendra pas à la gare. Pas tout de suite en tout cas », assure un responsable.

D'autres cibles sont dans leur ligne de mire. Rendez-vous est donné ce matin à 5h45 devant l'union départementale de la CFDT. Les usagers des TCRM (Transports en commun de la région messine) pourraient être les prochains à subir le mouvement de contestation...

K. G.