117 noms qui font la polémique

Publié le 05/12/2009
C'est une liste de 117 noms, tous salariés de Manuest. Pour les syndicalistes du fabricant de meubles castinien, ce sont les victimes collatérales du "deal" en préparation entre Nevelt et Arcapita, le fonds d'investissement d'origine saoudienne, propriétaire de l'usine de Châtenois.


Les syndicats contestent la validité de la liste de 117 salariés de Manuest susceptibles de rejoindre Nevelt.

Nevlet, filiale du groupe Parisot veut racheter l'activité 'cuisines montées' (Vogica) de Manuest. Ce transfert d'activité contraint légalement Nevelt à reprendre tous les salariés de Manuest affectés à cette production spécifique. Victimes collatérales Si le deal se réalise en l'état, pour Dominique Geoffroy, le délégué syndical CFDT de Manuest, on court à la catastrophe. ' Si l'intégralité de ces 117 personnes rejoint Nevelt, cette entreprise va couler. Il y aura forcément un plan de restructuration et les Manuest seront logés à la même enseigne que les autres. En plus leurs conditions de départ seront moins avantageuses que s'ils quittaient aujourd'hui notre boîte' , prédit-il. Étant donné l'état actuel du marché des cuisines montées, on ne peut pas lui donner tort. Recours en justice ? Toutefois, ce chiffre de 117 est à revoir à la baisse. Certains salariés inscrits sur cette liste quitteront l'entreprise sur la base du volontariat en empochant des indemnités de départ. Les syndicats ne se limitent pas à douter du bien-fondé économique de ce transfert d'activités. Ils contestent la légalité de l'opération en cours. Manuel Macedo, le délégué syndical FO de Manuest a contacté Maître Lefort, avocat à Épinal, pour porter plainte contre la direction. Selon le syndicaliste, Patrick Puy, qui mène la restructuration du site de Châtenois a gonflé artificiellement les effectifs de cette liste.' A l'usine seulement 82 personnes fabriquent des cuisines montées pas 117 ! Par ce stratagème, Puy charge la mule à Nevelt en feignant de sauver le plus d'emplois possibles. 25 employés en plus ont été, comme par enchantement, inscrits sur cette liste alors qu'ils travaillent à l'atelier 'grande distribution' (fabrication de cuisines en kit). En réalité, Puy se débarrasse de 25 éléments qu'il veut voir partir en priorité ', assure Manuel Macedo. Affrontement physique Cette thèse n'est pas à écarter totalement. Flash-back. Nous sommes le 23 septembre dernier. La crise à Manuest est à son paroxysme. On frôle l'affrontement physique entre Alexandre Cambien, le directeur industriel du site et Christopher Bassot, un jeune ouvrier remonté. Le premier aurait promis au second de le placer en tête de liste du plan de restructuration. Deux mois plus tard, Christopher Bassot figure sur la liste des 117 alors qu'il travaille à l'atelier 'grande distribution' depuis le début de l'année... En réaction aux attaques des syndicats à propos de cette fameuse liste, la direction répond ceci : ' Dans le cadre de l'accord de méthode, les négociations se poursuivent avec les instances représentatives du personnel sur l'offre montée et la mise en oeuvre des départs volontaires.

Sébastien GIRARDEL 
Mercredi 25 Novembre 2009, © Vosges Matin / VOSGES