Après le choc « Vogica » les inquiétudes

Publié le 18/11/2010
Un an après le plan de sauvegarde de l'emploi, de nouvelles menaces, liées à la liquidation de Vogica, planent sur Manuest.
Après le choc « Vogica » les inquiétudes
Après le choc « Vogica » les inquiétudes
Un an après le plan de sauvegarde de l'emploi, de nouvelles menaces, liées à la liquidation de Vogica, planent sur Manuest.

© Vosges Matin, Jeudi le 18 Novembre 2010 / Vosges

« Manuest doit passer un cap à la fin de cette année », selon les syndicalistes. (Photo d'archives)

Châtenois

A Châtenois, on a bien du mal à se remettre du coup de massue que constitue la liquidation de Vogica (VGC holding, VGC SAS et VGC distribution). « On ne s'attendait vraiment pas à ça, avoue Dominique Geoffroy, délégué syndical CFDT de Manuest, on était parti sur le fait que Patrick Lasry allait reprendre Vogica et même Manuest. » Inutile de dire que la liquidation qui a été prononcée en lieu et place d'une reprise le 8 novembre dernier est une pilule amère difficile à avaler sur le site de Châtenois où les salariés Manuest côtoient quotidiennement ceux de Vogica. « Nous n'avons jamais fait de différences entre les deux », ajoute Cyrille Comesse, délégué syndical CGT.

Les personnels de Manuest sont vraiment touchés par le sort de leurs camarades. Et ils le sont encore plus puisqu'ils craignent de vivre à leur tour une situation analogue. Même si le fabriquant de meubles en kit n'en est pas encore là. « Avec la liquidation de Vogica, Arcapita n'est plus l'administrateur de Manuest depuis le 8 novembre », précisent les porte-paroles de la CFDT Dominique Geoffroy, Christian Colin et Jean-Luc Legros.

Une vente inéluctable...à conclure rapidement

Le sort de l'usine castinienne est donc entre les mains d'un nouvel administrateur que le secrétaire du comité d'entreprise, Gilles Vidot (CGT) a demandé à rencontrer... En vain pour le moment. Néanmoins, les représentants du personnel connaissent la solution qui se profile comme un autre effet collatéral de la liquidation de Vogica : la vente rapide des titres Manuest qui ont été transférés dans les actifs en positif de la holding. Or, la cession peut se faire sous la forme d'une vente aux enchères particulièrement redoutée ou d'une vente de gré à gré. Mais pour cette dernière option, il faut des candidats. Et vite. Car « tout jour qui passe est nuisible à Manuest dans la situation actuelle, lance Dominique Geoffroy. A ctuellement, notre principal client Kingfisher (soit les enseignes Castorama, Brico-dépôt...) nous tient sous perfusion. Sans lui, nous serions déjà morts. »

Ce que reconnaît aussi Cyrille Comesse qui ajoute que Manuest ne bénéficiera bientôt plus de moratoires et autres différés autorisés jusqu'à présent qui lui permettent de garder une trésorerie équilibrée. « En janvier, il va nous falloir payer nos créanciers , assure le délégué syndical CGT. Il faut donc trouver un repreneur avant la fin de l'année car on nous tient à la gorge. » Et pas n'importe lequel. « Kingfisher a besoin d'être rassuré », déclare Dominique Geoffroy. Et cela passe par la candidature d'un industriel (et non d'un fonds d'investissement) à la bonne santé financière, affichant de vraies garanties et un projet commercial. « Mais il faut qu'il ait aussi le souci de préserver l'outil industriel et l'emploi sur le site de Châtenois, ce qui est notre priorité ». Et il semble qu'une des deux pistes encore officieuses semble réunir ces critères. Mais en attendant qu'elles se fassent connaître ouvertement, le personnel de Manuest -- 205 personnes -- est soumis, un an après le plan de sauvegarde de l'emploi, à une autre source d'inquiétudes.

Sophie MAUPETIT