CIMEST : les salaires seront payés fin mai

Publié le 25/05/2012
Hier, les salariés du site de Rupt-sur-Moselle ont obtenu des garanties de leur PDG pour le versement de leur salaire, à la fin du mois de mai. Un bon point pour les syndicats, qui restent mobilisés pour la pérennité de leur entreprise.
CIMEST : les salaires seront payés fin mai
CIMEST : les salaires seront payés fin mai
Hier, les salariés du site de Rupt-sur-Moselle ont obtenu des garanties de leur PDG pour le versement de leur salaire, à la fin du mois de mai. Un bon point pour les syndicats, qui restent mobilisés pour la pérennité de leur entreprise.

© Vosges Matin, Vendredi le 25 Mai 2012 / Fait du jour

Une partie des salariés a investi la salle de réunion pendant un entretien téléphonique entre les syndicalistes et le PDG du groupe.

(Photos Philippe BRIQUELEUR)

Les élus ont alerté le ministère de l'Industrie. Ils vont également rédiger une motion de soutien aux salariés de la CIMEST.

De gauche à droite : Sylvain Nappé, Jean-Jacques Tisserand et Thierry Bardin, représentant des salariés, devant le tribunal de commerce d'Epinal.

Leur dernière rencontre avait été tendue. Mardi matin, les 101 salariés de la CIMEST, qui fabrique des plastiques notamment pour l'automobile, à Rupt-sur-Moselle, avaient accueilli leur PDG, Patrick Findeling, de façon plutôt tendue, devant le tribunal de commerce d'Epinal.

Hier, Thierry Bardin, Sylvain Nappé et Jean-Jacques Tisserand, les trois représentants du personnel, mandatés pour aller devant la justice commerciale, ont eu un nouveau rendez-vous avec le PDG du groupe Plastivaloire, propriétaire de l'usine des Vosges, qui compte 25 filiales dans le monde. « Ce qui compte pour nous, c'est que nos salaires soient payés à la fin du mois de mai. On veut avoir des garanties sur ce sujet », affirme Thierry Bardin, délégué du personnel de la CGT, qui accuse la direction générale de ne plus vouloir s'adresser à l'ensemble des salariés. « Nous sommes ses uniques interlocuteurs mais nous voulons montrer que quand on négocie quelque chose, c'est pour tout le personnel. »

C'est d'ailleurs pour bien exposer cette solidarité qu'une partie des employés de la CIMEST a voulu faire un coup de force, dans le calme : ils ont investi la salle de réunion, lors du rendez-vous téléphonique entre les représentants du personnel, le directeur du site, Bruno Brunneval et la directrice des ressources humaines de Rupt-sur-Moselle.

Une présence acceptée, à l'autre bout du fil, par le PDG du groupe, qui a voulu rassurer les salariés : « Les salaires seront payés à la fin du mois de mai, je vous donne ma parole. Mais je vous rappelle que nous sommes en cessation de paiement et que pour vous donner votre dû, que je ne remets pas en question, je ne peux pas payer, honorer mes charges et régler les fournisseurs. Je vous demande de continuer à travailler pour produire ». Une première avancée mais les salariés ne comptent pas relever la garde. D'autant que Patrick Findeling a laissé entrevoir une restructuration pour pérenniser l'entreprise : « Peut-être que certains salariés seraient d'accord pour partir, avec un pécule. Il faut étudier ça ». Thierry Bardin doit désormais aborder la question avec l'ensemble du personnel.

La crainte d'un plan social

Toutefois, dans les rangs du personnel, tout le monde n'est pas optimiste : « Attendons un peu avant de nous emballer », tempère l'un. « Faire partir ceux qui sont d'accord, pourquoi pas. Mais ceux qui restent ? Il ne s'agit pas de nous faire un plan social dans un an... », reprend un autre.

Car ce que déplorent les salariés, c'est que la maison mère leur fournit moins de travail. « Et pourtant, il y en a, affirme Thierry Bardin. Le PDG s'est dit prêt à nous retrouver des commandes du jour au lendemain si nous cessions les poursuites ».

Vincent Dolet, délégué CFDT avance une autre explication : « Dans les autres filiales du groupe, il y a 40 employés, les autres sont des intérimaires. On ne veut pas de ça ici. Peut-être que Monsieur Findeling sait que son dossier devant le tribunal de commerce n'est pas solide et il essaye de s'en sortir avec les honneurs. »

Une réunion prévue en juin

A la question de Thierry Bardin sur le choix d'une procédure de redressement judiciaire, qui vise à l'étalement de la dette sur plusieurs années, plutôt qu'un plan de sauvegarde pour l'apurement des comptes, le PDG a affirmé ne pas connaître la mesure, pourtant mise en place depuis 2008 par l'ex-président Nicolas Sarkozy.

A l'issue de ce coup de téléphone, patron et syndicalistes sont tombés d'accord pour se rencontrer, probablement au cours de la seconde semaine du mois de juin, uniquement « si mes avocats considèrent que ce n'est pas dangereux dans le cadre de la procédure en cours », modère toutefois Patrick Findeling.

En attendant, la CIMEST ne désarme pas. A la suite de la réunion d'hier matin (lire ci-dessous), une journée « Vallée morte » devrait avoir lieu le 15 juin. Car au-delà de la perte des emplois que les salariés craignent particulièrement, il y a derrière, de l'avis même d'une employée du site de Rupt-sur-Moselle, la perspective de voir « toute une vallée qui se meurt ».