Coup de jeune pour les retraites

Publié le 13/10/2010
La mobilisation contre les retraites a été extrêmement forte hier dans les rues d'Epinal.
Coup de jeune pour les retraites
Coup de jeune pour les retraites
La mobilisation contre les retraites a été extrêmement forte hier dans les rues d'Epinal.

 

5 800 manifestants dans les rues d'Epinal selon la police, 10 à 12 000 selon les syndicats, en tout cas, la mobilisation ne faiblit pas.

(Photos Jérôme HUMBRECHT)

C'est la quatrième fois depuis le mois de juin que les Vosgiens descendaient dans la rue hier pour manifester contre la réforme des retraites engagée par le gouvernement Fillon. Et cette fois-ci la mobilisation était très forte. Ils étaient bien dix mille à défiler hier dans les rues d'Epinal, après avoir investi dès la fin de matinée les terrasses de la ville sous un soleil radieux. La Police comptait 5800 manifestants, les syndicats... beaucoup plus. Sans oublier 150 manifestants à Neufchâteau, 60 à Mirecourt et 150 à Gérardmer dont une centaine de lycéens.

En raison de la fête foraine sans doute, l'intersyndicale et la préfecture avaient mis en place un tout nouveau tracé, au départ du port d'Epinal. Rendez-vous était fixé à 14 h 30 au rond-point EDF. En raison de ce changement, l'intersyndicale a d'ailleurs fait un gros travail d'explication en amont, une camionnette de la CFDT sillonnait la ville dès la fin de la matinée à la façon d'un cirque afin de « rameuter » les troupes.

Difficile de savoir au point de rassemblement si la mobilisation est importante. Les syndidalistes et la police manquent de repères au port. Mais dès la montée de la rue de la gare, la marée humaine est impressionnante.

« Nous payons les frais de la désindustrialisation. Il aurait dû à un moment réagir pour investir massivement pour créer de l'emploi », explique Gérard Barbot, responsable des affaires culturelles de la ville de Saint-Dié. Au même titre que le militant de gauche en fin de carrière, quelques mètres plus loin défilent des lycéennes, venues de Gérardmer en co voiturage et de Remiremont. « Bien sûr que nous sommes concernées par les retraites », assurent-elles. « Ce n'est pas si loin pour nous et c'est important ». Les lycéens, bien plus nombreux que d'habitude au sein des manifestants étaient fidèles au rendez-vous hier, donnant un petit coup de jeune au défilé. Le lycée Malraux à Remiremont a été bloqué toute la journée (lire ci-dessous) et au lycée Lapique à Epinal, le blocus a échoué hier matin. « Il y en a qui se sont assis sur les grilles, mais l'administration a forcé en poussant les grilles. Demain, ça ne se passera pas comme ça », explique une lycéenne.

Garrett, Norske Skog, la Trane, Michelin, Faurecia, les grandes entreprises vosgiennes avaient également bien mobilisé hier en défilant groupé dans le cortège. Au même titre que le PCF qui défilait avec la CGT, le parti socialiste placé en fin de cortège comme toujours et le NPA dont les autocollants sont partis comme des petits pains. « A chaque manif, on fait bien deux adhérents !» constate heureux Eric Defranould, le porte-parole. Reste à savoir maintenant si cette mobilisation sera payante...