Des pavés dans la « marre »

Publié le 16/06/2012
La ville a été assiégée hier par une armée de manifestants irrités, bien décidés à se battre pour le maintiende l'emploi dans la vallée de la Haute-Moselle et le bassin de Remiremont. Leur arme : la foule.
Des pavés dans la « marre »
Des pavés dans la « marre »
La ville a été assiégée hier par une armée de manifestants irrités, bien décidés à se battre pour le maintiende l'emploi dans la vallée de la Haute-Moselle et le bassin de Remiremont. Leur arme : la foule.

© Vosges Matin, Samedi le 16 Juin 2012 / Remiremont 
 
Quelque 1 500 manifestants ont déferlé dans les rues de Remiremont pour crier leur indignation et leurs craintes.

Qui sème la misère récolte la colère ! Celle de la rue qui s'est soulevée hier pour défendre l'emploi dans la vallée de la Haute-Moselle et le bassin de Remiremont. Une vague de manifestants a déferlé dans les principales artères de la ville pour emporter sur son passage toute cette indignation qui anime en particulier les employés de la Cimest qui veulent encore croire à l'amarrage. Le naufrage les guette et les TRW pourraient bien s'écraser, eux aussi, sur les rochers. Un vent de tempête a soufflé. Salariés, syndicats, élus, population ont mis les voiles dès le matin au Thillot pour se laisser emporter par le courant descendant jusqu'à Remiremont. « Il faut bien dire aux gens tout ce qui se passe », peste Jean-Guy, épuisé par cette journée de mobilisation.

Le matelot Jean-Guy a ramé pour faire entendre sa voix ou celle des autres, comme Clémence qui, par ricochet, a tenu à monter à bord l'après-midi en sortant de son travail. « J'ai beaucoup de connaissances qui sont touchées par les suppressions d'emploi même si je suis solidaire avec tous les emplois », confie la jeune femme, qui croit à cette marée humaine qui peut faire chavirer, selon elle, les politiques et les patrons. « Ils feront bien ce qu'ils veulent mais j'espère que cette liberté d'expression va faire bouger les choses », prie Clémence.

Ce couple d'amoureux ne croit plus aux divinités de la mer. Mathieu et Lydie cherchent du travail. Mais ce type de journée leur permet de sortir la tête de l'eau. « C'est sympa, il y a tellement de monde et c'est très bien organisé. »

Il faut dire que des dizaines de petites mains bénites de l'intersyndicale CGT-CFDT, avec le soutien des élus, des commerçants, des artisans, des emplois tertiaires et des établissements publics, ont pris soin de tout leur équipage, lors du défilé et à la pause de midi où des sandwichs, boissons, fruits, gâteaux salés ont été distribués aux estomacs affamés et gorges assoiffées par tant d'efforts. Des forces jetées dans la bataille où les « donneurs d'ordre, ces patrons voyous qui délocalisent pour gagner encore plus d'argent », en ont pris pour leur grade. Les capitaines syndiqués l'ont crié haut et fort et ne comptent pas retourner sur la rive, maintenant que le paquebot pour le maintien de l'emploi a pris le large. Les requins peuvent se méfier...

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