Education nationale - Des galets pour 841 postes en moins

Publié le 24/01/2011
A la rentrée prochaine, 841 postes vont être supprimés dans l'enseignement lorrain. La région détient le record en France et les Vosges ne seront pas épargnées par cette saignée.
Education nationale - Des galets pour 841 postes en moins
Education nationale - Des galets pour 841 postes en moins
A la rentrée prochaine, 841 postes vont être supprimés dans l'enseignement lorrain. La région détient le record en France et les Vosges ne seront pas épargnées par cette saignée.

© Vosges Matin, Dimanche le 23 Janvier 2011 / Vosges 
 
Le chiffre « 841 » a été symboliquement matérialisé par des galets. (Photos Joël ALEXANDRE

Environ 300 personnes se sont rassemblées, hier matin, à Epinal, à l'appel d'une vingtaine d'organisations syndicales. Objectif : dénoncer et s'opposer aux suppressions de postes.

 
La manifestation d'hier n'est qu'un premier pas. D'autres actions sont d'ores et déjà programmées.

Epinal - « En déposant chacun un galet au pied de ce YES, posons notre pierre pour construire un front de refus. » Hier matin, à l'appel d'une vingtaine d'organisations syndicales, environ 300 manifestants ont marqué leur mécontentement devant le musée départemental d'Epinal. Afin de dénoncer symboliquement les suppressions de postes à la rentrée prochaine, chacun a posé un galet sur le parvis, formant le chiffre 841. L'académie de Nancy-Metz est la plus touchée, tandis qu'au niveau national, 16 000 postes au total vont disparaître. Dans les Vosges, ce sont 47 postes dans le 1er degré qui seront supprimés auxquels il faut ajouter 21 postes dans les collèges et de très nombreux postes dans les lycées et administrations.

De quoi susciter colère et inquiétudes dans les rangs des professeurs mais aussi des parents d'élèves. Paul Raoult, président de la FCPE, citant l'exemple d'une école golbéenne, dénonce ces profs qui ne sont pas remplacés. « On est en train de créer des situations difficiles », s'inquiète le représentant des parents d'élèves.

2 250 postes supprimés en cinq ans

Secrétaire général de l'UNSA (Union nationale des syndicats autonomes), Stéphane Daval a rappelé également que la Lorraine avait perdu 2 250 postes ces cinq dernières années, soit l'équivalent des effectifs vosgiens dans le 1er degré. « En trois ans, l'Education nationale a perdu 40 000 postes. C'est comme si on fermait Renault », compare-t-il. Pour réaliser des économies, le gouvernement se sert donc de variables d'ajustement : « l'enseignement professionnel qui est le plus touché et l'augmentation d'élèves par classe dans le 2d degré. » Des données inacceptables, d'où cette première journée de mobilisation nationale afin « de bien remettre l'Education au coeur de la problématique et non une logique budgétaire. »

« Notre action aujourd'hui n'est qu'un premier pas, il faudra continuer à s'opposer et à dénoncer », exhorte au micro Etienne Zint, responsable de la section vosgienne du SGEN-CFDT.

Nicole Bernier, professeur d'histoire-géographie au collège de Plombières-les-Bains, fait partie du cortège des manifestants. Forte de ses longues années d'expérience, elle constate une dégradation des conditions de travail pour les profs et d'apprentissage pour les élèves. A 30 par classe, le métier n'a rien d'évident. La dame pense également à ses collègues qui doivent se partager entre deux voire trois établissements. D'après elle, élèves et parents ne croiraient plus au système éducatif.

Manifestement, hier matin, certains ont prouvé qu'ils y croient encore un peu...

Cécilia CHERRIER