EDUCATION

Publié le 28/09/2011
Privé et public, même combat
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Privé et public, même combat

© Vosges Matin, Mercredi le 28 Septembre 2011 / Fait du jour

C'était une première hier. Près de 500 enseignants du public et du privé ont défilé dans la rue à Épinal afin de protester contre le projet de budget 2012 qui prévoit de nouvelles suppressions de postes.

Une première pour les personnels de l'enseignement privé. Hier, ils étaient dans la rue aussi.

Les enseignants ont à peine réglé les problèmes liés à la rentrée du mois de septembre. Mais ils tiennent à anticiper pour limiter la casse de la rentrée 2012. (Photos : Jérôme HUMBRECHT)

Un peu moins de 500 personnes dans les rues d'Epinal hier, selon la police. Et 37 % de grévistes dans les écoles selon les syndicats au niveau national.

La rentrée 2011 vient de se passer dans des conditions parfois difficiles dans certains établissements vosgiens et les enseignants battent déjà le pavé pour mettre en garde contre la nouvelle vague de suppressions de postes prévues dans le cadre de la rentrée de 2012. C'est aujourd'hui en fait que doit être examiné le projet de budget 2 012 qui prévoit au niveau national 14 000 suppressions de postes en remplaçant seulement un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Un peu moins de cinq cents enseignants se sont retrouvés dans la rue hier à partir de 14 heures à Épinal pour la première manifestation de la rentrée. Une mobilisation assez importante. De nombreuses écoles vosgiennes ont été affectées et les municipalités ont dû mettre en place un système de « garde » pour les enfants. Pour la première fois, une petite délégation d'enseignants du privé (Notre Dame Saint-Joseph, Harol, Roville-aux-Chênes, La Providence de Saint-Dié et Rambervillers) s'est jointe au cortège afin de protester contre les suppressions de postes qui touchent également l'enseignement catholique dans les Vosges. « Cela montre que la situation est grave », explique Anne-Marie Strabach, secrétaire départementale du FEP CFDT. Enseignante depuis une trentaine d'années, cette prof en communication descend pour la première fois dans la rue. « Nous avons perdu 130 postes en Lorraine à la rentrée et on s'attend à en perdre encore 110 à la rentrée prochaine », explique-t-elle. Anne-Marie Strabach dénonce pêle-mêle le facteur anxiogène pour les enseignants du privé qui se retrouvent au Pôle emploi quand leur poste est supprimé, le manque de mesures de reconversion et les tensions dues aux reclassifications des établissements.

Stéphane Daval (SE-UNSA n'a pas la même analyse de la situation. Le syndicaliste estime que le privé est mieux traité que le public par le gouvernement. « Quand on crée un poste dans le privé, on en crée cinq dans le public. Mais quand on supprime un poste dans le privé, on en supprime dix dans le public ! », souligne-t-il.

Denis Schnabel au nom de la CGT exprime également des craintes pour l'avenir. « Il y a des menaces sur certains collèges et sur les filières professionnelles », estime-t-il. Le secrétaire départemental de la CGT dénonce le manque de mutualisation dans un département où on n'est « plus capable d'avoir une formation de tisserand pour les jeunes alors qu'il y a un besoin. »

Dans un communiqué lu au nom de l'intersyndicale, Norbert Gilet (FSU) dénonce quant à lui les « provocations » du gouvernement. « Si le gouvernement cherche à tromper l'opinion en affirmant sans cesse, comme si cela pouvait convaincre que l'on peut faire plus avec moins, la France reste un des pays qui investit le moins dans son éducation et donc dans l'avenir », estime-t-il tout en soulignant que la France a besoin d'un système éducatif qui s'attaque réellement aux inégalités scolaires. Vaste programme...