Fragile sortie de conflit à la fromagerie de Xertigny

Publié le 07/09/2011
Ayant obtenu satisfaction sur la question de l'ouverture de négociations avec la direction du groupe Lactalis, les salariés de l'unité fromagère ont suspendu leur mouvement de grève lundi soir.
Fragile sortie de conflit à la fromagerie de Xertigny
Fragile sortie de conflit à la fromagerie de Xertigny
Ayant obtenu satisfaction sur la question de l'ouverture de négociations avec la direction du groupe Lactalis, les salariés de l'unité fromagère ont suspendu leur mouvement de grève lundi soir.

© Vosges Matin, Mercredi le 07 Septembre 2011 / Vosges

Face au coup porté à la fromagerie emblématique de la Vôge, le maire de Xertigny et les syndicats mettent en avant l'emploi local. (Photos Joël ALEXANDRE)

Les élus socialistes du Conseil régional ont rencontré hier après-midi les représentants des salariés de la fromagerie.

La réunion lundi soir entre les délégués du personnel, Mickaël Cottin et Eric Lefèbvre, respectivement chargé des ressources humaines et directeur industriel de la division fromage du groupe Lactalis, a été déterminante. A l'issue de près de trois heures d'âpres discussions, les deux parties ont finalement trouvé un terrain d'entente. Un premier pas alors que 128 emplois demeurent toujours sur la sellette et que l'activité fromagère de l'unité vosgienne est irrémédiablement condamnée.

Selon le protocole signé lundi à 19 h, Lactalis s'engage à revitaliser le site de Xertigny et à défaut favoriser l'implantation de nouvelles entreprises sur le chef-lieu de canton de la Vôge. Les heures de débrayage observées par les salariés seront entièrement indemnisées. Enfin l'entreprise prévoit de payer aux producteurs le lait non collecté durant le conflit.

118 reclassements envisagés

Autant d'avancées jugées positives par le personnel ayant levé son piquet de grève lundi à 20 h. Bernard Bernier secrétaire du comité d'entreprise comme Sébastien Grand (CFDT) et Gérard Tisserant (CFE-CGC) se montrent néanmoins prudents concernant la pérennité de la collecte du lait.

Reste la question cruciale de l'emploi. Sur les 128 suppressions de postes envisagées, 118 mutations seraient envisagées. 65 personnes pourraient intégrer l'usine de Corcieux, 45 celle de Lons-le-Saunier. L'appel d'offres se solderait par trois délocalisations à Rouvroy dans les Ardennes, deux à Vercel dans le Doubs, une à Verdun, une à Raival dans le département de la Meuse et un emploi à Louglans en Haute-Saône.

Des transferts lourds de conséquences sur le plan familial selon les syndicats, qui de l'aveu de Bernard Bernier « doivent être assortis d'un accompagnement social ». Les propositions de Lactalis sont par ailleurs loin de satisfaire l'UD - CGT des Vosges, dénonçant « les mesures de reclassement de Lactalis faisant peser de graves menaces sur le tissu industriel vosgien et l'emploi des salariés intérimaires ».

Reste que depuis l'annonce couperet du 28 août, le dossier est suivi de très près par l'ensemble de la classe politique. Hier les élus socialistes du Conseil régional emmenés par Christian Franqueville, Jean-Pierre Moinaux et Jean-Marc Fournel ont été à l'origine d'une réunion à laquelle était conviée Véronique Marcot, maire de Xertigny, et le sénateur Jackie Pierre. Cette table ronde placée sous le signe de l'union sacrée, a permis à Christian Franqueville d'apporter son soutien au personnel, tout en prenant fait et cause « pour un territoire et un terroir offrant des produits à forte valeur ajoutée ».