FTS : un tiers des emplois menacé

Publié le 25/05/2011
Les Filatures et Tissages de Saulxures (FTS) ont été placés hier matin en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d'Epinal. Une quarantaine d'emplois sont menacés par la réorganisation envisagée par la direction.
FTS : un tiers des emplois menacé
FTS : un tiers des emplois menacé
Les Filatures et Tissages de Saulxures (FTS) ont été placés hier matin en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d'Epinal. Une quarantaine d'emplois sont menacés par la réorganisation envisagée par la direction.

© Vosges Matin, Mercredi le 25 Mai 2011 / Vosges

François Vandamme et son conseil Me Didier Madrid, en discussion avec les délégués du personnel hier avant l'audience du tribunal de commerce d'Epinal.

Jusqu'à présent discrète, la société des Filatures et Tissages de Saulxures se révèle en difficulté. (Photos E. THIEBAUT)

Saulxures-sur-Moselotte

L'audience du tribunal de commerce n'a fait que confirmer hier matin ce que les 127 salariés des Filatures et Tissages de Saulxures redoutaient : leur société vient d'être placée en redressement judiciaire, assorti d'une période d'observation de six mois. Cette décision a été prise dans la perspective d'une réorganisation en profondeur de l'entreprise, laquelle impliquerait la suppression d'un tiers des effectifs.

Jusqu'à présent d'une rare discrétion dans un paysage économique vosgien tourmenté, la société FTS, spécialisée dans la fabrication de tissus principalement à usage technique, n'est plus en mesure de faire face en l'état à la hausse foudroyante du prix du coton, qu'elle achète en Asie centrale majoritairement ainsi que dans une moindre mesure en Afrique.

En cause : le prix du coton !

« Compte tenu d'une consommation mensuelle d'environ mille tonnes par les deux filatures, cette envolée du prix du coton a généré des besoins de financement supplémentaires de l'ordre de 2 millions d'euros par mois, sans compter les encours de fabrication et le poste client, explique François Vandamme, le PDG de la société FTS, qui dirige également la holding regroupant FTS, Tissu Gisèle à La Bresse et le Tissage de La Mouline au Thillot. « Ces besoins n'ont pu ni être couverts par une exploitation normale déjà fragile, ni par une répercussion immédiate dans les prix de ventes aux clients engagés dans des marchés annuels. Les tentatives de renégociations de prix se sont avérées insuffisantes voire contentieuses pour certaines. Dans ces conditions l'entreprise n'a eu d'autre choix que de demander son placement en redressement judiciaire, en demandant une poursuite de l'activité. Elle présentera un plan industriel intégrant l'arrêt de la vente de fil et une réorganisation du tissage », souligne encore François Vandamme, soucieux de ne pas inquiéter ses clients, principalement l'Allemagne qui absorbe 80 % de sa production (à 80 % tissu et 20 % fil).

Face à ce plan social qui se profile dans un contexte textile déjà largement fragilisé, les deux délégués du personnel présents hier au tribunal de commerce étaient silencieux, attendant la suite des événements que Christophe Thomas, secrétaire-adjoint de la CFDT, ne connaît que trop bien. « Depuis avril, la direction avait sollicité un mandataire du tribunal car la situation était mauvaise, la société ne pouvant plus subvenir aux charges. La direction invoque le prix du coton, mais il y a aussi la question de la taille de la structure, trop grosse aujourd'hui par rapport aux commandes. Nous espérons que, si plan social il y a, il servira à pérenniser les emplois qui resteront ! note Christophe Thomas qui souhaite donc que « la direction s'engage pour les quelque 80 salariés qui vont rester, sur la formation, la certification, la qualification... Que l'on ait un vrai dispositif ! »

Direction et délégués du personnel ont d'ores et déjà rendez-vous le 19 juillet devant le tribunal de commerce, à mi-chemin de la période d'observation dont l'échéance est fixée au 24 novembre prochain.

A noter que, compte tenu des circonstances, François Vandamme a donné hier matin sa démission du Pôle fibres qu'il présidait, jugeant la situation de sa société « incompatible avec son rôle au sein d'un pôle de compétitivité ».