Gantois : le bal des prétendants

Publié le 30/03/2011
Alors que le tribunal de commerce d'Epinal rendra son jugement le 11 avril, le groupe industriel diversifié Phoenix et le Normand Guérin ont présenté leur offre de reprise de l'usine de Saint-Dié
Gantois : le bal des prétendants
Gantois : le bal des prétendants
Alors que le tribunal de commerce d'Epinal rendra son jugement le 11 avril, le groupe industriel diversifié Phoenix et le Normand Guérin ont présenté leur offre de reprise de l'usine de Saint-Dié

L'Est Républicain, Mercredi le 30 Mars 2011 / Région Lorraine

 

Rodolphe Tarnaud (à droite) président du groupe Phoenix. Photo VM

Saint-Dié. Placée en redressement judiciaire le 6 octobre 2010, la société Gantois (470 salariés) est aujourd'hui au centre de toutes les convoitises. Au tribunal de commerce d'Epinal, lundi, trois candidats potentiels intéressés par le site de Fismes dans la Marne (Atoll, MCI-Métal Concept et Industrie, Cermast) ont fait un certain nombre de propositions aux juges de la juridiction spinalienne. Deux autres se sont clairement positionnés en vue du rachat du site de Saint-Dié.

Employant plus de 1 000 personnes et réalisant un chiffre d'affaires de 220 millions d'euros, le groupe industriel diversifié Phoenix dont le siège est situé à Grenoble, a pour lui l'avantage du terrain. En mars 2010, il raflait la mise en se portant acquéreur d'Europfil à Rambervillers. Deux mois auparavant, le fournisseur de matériels pédagogiques Pierron Education de Sarreguemines, tombait dans l'escarcelle du fabricant d'emballage plastique, spécialisé par ailleurs dans la conception de mobilier pour les collectivités.

Un chèque de 5 millions d'euros

« En vingt ans, nous avons remis à flot plusieurs sociétés incapables de combler leur trou de trésorerie. Concernant Gantois, nous mettons 5 millions sur la table. Nous avons fait le choix de privilégier l'unité de production de Saint-Dié en raison du savoir-faire local » note Rodolphe Tarnaud, le président de Phoenix. « En termes d'emplois nous nous engageons à reprendre 245 membres du personnel. » Dans le même temps, Franck Drouault à la tête des Filtres Guérin basés dans le département de la Manche à Condé-sur-Vire, ne cache pas son intérêt pour l'unité de production vosgienne. Les six activités déclinées à Saint-Dié (bâtiment, clôtures et protection, équipements pour l'industrie, tissage et façonnage, tôles perforées et distribution spécialisée) se calquent en effet sur le coeur de métier de l'entité normande.

La direction des Filtres Guérin affirme conserver 238 personnes sur un effectif total de 350 salariés. « Nous venons de remettre un chèque de 4 millions d'euros à l'administrateur judiciaire afin de payer les stocks et les actifs », indique Franck Drouault. « Afin de gagner la bataille de la concurrence, nous avons l'opportunité de pouvoir réunir nos deux sociétés ».

Lundi en présence d'une bonne partie du personnel, Michel Meltz, délégué CFDT notait que le groupe Phoenix présentait une meilleure assise financière que son concurrent direct, « même si question emploi les deux offres étaient à peu près similaires ».

Après avoir entendu les différentes parties durant près de 5 h 30, le tribunal décidait de mettre l'affaire en délibéré au lundi 11 avril à 11 h.

Dominique BATTINI