Gantois repris par les Filtres Guérin

Publié le 12/04/2011
Le tribunal de commerce d'Epinal a tranché hier en faveur de l'entreprise normande s'étant engagée à conserver sur le site de Saint-Dié 237 salariés sur un effectif total de 316 personnes.
Gantois repris par les Filtres Guérin
Gantois repris par les Filtres Guérin
Le tribunal de commerce d'Epinal a tranché hier en faveur de l'entreprise normande s'étant engagée à conserver sur le site de Saint-Dié 237 salariés sur un effectif total de 316 personnes.

© Vosges Matin, Mardi le 12 Avril 2011 / Vosges

Présents au tribunal de commerce, les délégués du personnel ont appris le nom du repreneur dans la matinée.

Marc Toillier, directeur général de Gantois, mettra fin à ses fonctions début mai.(Photos Patrick GLESS)

Saint-Dié

Rien n'était joué d'avance pour les deux candidats à la reprise de l'usine Gantois de Saint-Dié. Le 29 mars devant le tribunal de commerce d'Epinal, le groupe industriel diversifié Phoenix basé à Grenoble et la société des Filtres Guérin dont le siège social est situé dans la Manche à Condé-sur-Vire, avaient longuement argumenté en vue du rachat de l'unité de production vosgienne.

Tant en termes de maintien d'emplois que d'investissement (près de 5 millions d'euros chacun) les deux dossiers présentaient des similitudes qui n'ont pas échappé aux représentants de la juridiction spinalienne. Employant plus de 1 000 personnes, Phoenix avec un chiffre d'affaire annuel de 220 millions d'euros semblait avoir l'avantage du terrain. Une position confortée après l'acquisition d'Europfil à Rambervillers et du fournisseur de matériels pédagogiques Pierron Education de Sarreguemines.

Deux sociétés distantesde 900 kilomètres

De leur côté, les Filtres Guérin (70 salariés) ne cachaient pas leur intérêt pour l'usine de Saint-Dié. Les six activités déclinées par Gantois (bâtiment, clôtures et protection, équipements pour l'industrie, tissage et façonnage, tôles perforées et distribution spécialisée) se calquent en effet sur le coeur de métier de l'entité du Cotentin. Avançant ses pions sur l'échiquier, le 29 mars Franck Drouault, le PDG de l'usine manchoise, avait indiqué qu'il souhaitait réunir les deux sociétés distantes de 900 kilomètres. La balance a finalement penché en sa faveur.

A la suite du jugement rendu par le tribunal de commerce, le dirigeant de Condé-sur-Vire prendra officiellement possession des locaux déodatiens le 2 mai prochain. Sur un total de 237 emplois, 316 postes de travail devraient être maintenus. sur place. Le site marnais de Fismes entre quant à lui dans le giron du tréfileur Expecton et du spécialiste du tapis métallique MCI-Métal Concept et Industrie. Hier matin à l'heure du jugement en délibéré, le délégué CFDT Michel Meltz, faisait part de son inquiétude.

Nouvelles synergies

« Nul ne peut dire à ce jour ce que nous réserve l'avenir. Notre préférence allait dès le départ à Phoenix qui présente une meilleure assise financière et un projet industriel plus explicite », précisait le représentant syndical. Un avis loin d'être partagé par Marc Toillier. « Je fais confiance à Franck Drouault qui a repris avec succès les Filtres Guérin il y a sept ans », insistait le directeur général de Gantois. «Cette solution industrielle va permettre de développer de nouvelles synergies européennes dans les domaines de la filtration et du tissage, en conservant la confiance de nos grands clients que sont Airbus et Bombardier. Il faut accepter le changement. Dans un souci de transparence nous serons à l'écoute des partenaires sociaux. En ce qui me concerne ma mission se termine. Je vais m'efforcer d'assurer au mieux l'intérim. »

Tous les espoirs du personnel de Gantois reposent désormais sur la faculté d'entreprendre et le bon sens normand de leur nouveau patron.

Dominique BATTINI