Gantois Saint-Dié : les salariés attendent un geste du patron

Publié le 04/05/2010
Les salariés estiment jouer un rôle dans le relèvement de la société. Hier, une majorité a fait grève pour une augmentation d'1,5 %. Ce à quoi les syndicats sont parvenus dans la soirée. Référendum aujourd'hui.
Gantois Saint-Dié : les salariés attendent un geste du patron
Gantois Saint-Dié : les salariés attendent un geste du patron
Les salariés estiment jouer un rôle dans le relèvement de la société. Hier, une majorité a fait grève pour une augmentation d'1,5 %. Ce à quoi les syndicats sont parvenus dans la soirée. Référendum aujourd'hui.

Mardi 04 Mai 2010, © Vosges Matin / VOSGES

Une majorité des 280 salariés du siège social vote aujourd'hui pour ou contre la suite du mouvement. En 2007, la hausse des salaires n'avait pas dépassé 0,7 %. (Photo F. SEILER)

Fer de lance du bassin industriel de Saint-Dié, la société Gantois, endettée jusqu'au cou depuis plusieurs années, vient de réussir le petit exploit de réduire son passif de 15 millions d'euros, le passant de 23 à 5,3 millions d'euros (nos éditions de jeudi). 'On félicite le directeur général pour ce qu'il a fait. Il a bien manoeuvré sur le volet financier ; en revanche, sur le volet social...' Dans la bouche de Michel Meltz (CFDT), ces points de suspension n'ont pas valeur de compliment. 'L'entreprise met les moyens sur certaines choses, mais pas pour ses salariés', embrayent Jean-Michel Lopes (FO) et Olivier Piaia (CGT). Les mots 'certaines choses' recouvrent ici les nouvelles activités du groupe. Une orientation stratégique qui commence à payer, en dépit de la permanence de la crise. 'Si le groupe se porte mieux, c'est aussi grâce aux efforts des gens. Des salariés se retrouvent à faire deux ou trois boulots, à changer de postes sans arrêt. Aujourd'hui, ils demandent une contrepartie', poursuit M. Meltz. Contrepartie que les syndicats ont eue vite fait de monnayer. Hier lundi, toute l'usine ou presque demandait une augmentation des salaires de 1,5 %. 'Nous l'avons rencontré quatre fois (le directeur général) depuis début mars. Il nous propose une revalorisation collective de 0,7 % et une augmentation individuelle, c'est-à-dire à la tête du client, de 0,5 %, c'est insuffisant', tonnent les leaders syndicaux. Après un premier arrêt de travail de deux heures le 21 avril, une partie des 280 salariés du siège social a durci le mouvement, hier. Des dizaines de salariés, dont certains très chauds, se sont postés devant l'entrée historique de l'entreprise et ont attendu de pied ferme la C3 du directeur général Marc Toillier qui arrivait de Paris par le train. A son entrée dans les locaux, celui-ci a d'abord déclaré, selon la CFDT, ne rien avoir à dire aux grévistes. Les 'très chauds' ont alors envisagé d'incendier la C3. Mais la reprise du dialogue a calmé les plus belliqueux, et les négociations 'annulées par la direction vendredi' du fait de l'imminence de la grève ont finalement pu se tenir hier, comme prévu. Bien que conscients de la crise qui peine à faire décoller les marchés prioritaires, les syndicats ont refusé de s'asseoir sur leur +1,5 %. 'D'accord, l'entreprise connaît des difficultés, mais ce n'est pas une raison pour faire tirer la langue aux salariés.' Jean-Marc, l'un des virulents, confesse gagner '1 230 euros' par mois, à 54 ans, et évalue sa future retraite à '980 euros brut.' Il faisait grève hier pour la première fois en trente et quelques années. Au sortir d'une attente qui a duré jusqu'au soir, les grévistes encore présents ont appris une bonne nouvelle. Selon la CFDT, la direction accepte une revalorisation générale de 1,3 % (en deux temps, juin et octobre) et une augmentation de 0,2 %, dépendante du chiffre d'affaires. Avant de signer un protocole d'accord avec Marc Toillier, les représentants du personnel consulteront la base ce matin et cet après-midi lors d'un referendum. La direction de Gantois refuse de s'exprimer pour l'instant. Damien BESSOT


 

Damien BESSOT