Journée d'action du 27 mai.

Publié le 11/05/2010
Lors du "sommet social" qui s'est tenu hier à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a annoncé la poursuite des mesures de chômage partiel, et l'arrêt des mesures en faveur du pouvoir d'achat. Les mesures en faveur du chômage partiel, qui ont été très importantes en 2009 dans les Vosges ont été maintenues.
Journée d'action du 27 mai.
Journée d'action du 27 mai.
Lors du "sommet social" qui s'est tenu hier à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a annoncé la poursuite des mesures de chômage partiel, et l'arrêt des mesures en faveur du pouvoir d'achat. Les mesures en faveur du chômage partiel, qui ont été très importantes en 2009 dans les Vosges ont été maintenues.

Mardi 11 Mai 2010, © Vosges Matin / FAIT DU JOUR / FAIT-DU-JOUR

 

 
Les aides versées en faveur de l'alternance sont également maintenues. 'Nous ne pouvons pas risquer de les mettre en péril' a estimé Nicolas Sarkozy.
 
La CFTC envisage de se joindre à la journée d'action nationale du 27 mai sur l'emploi, les salaires et les retraites décidée par la CGT, la CFDT, FSU, Solidaires et l'Unsa, a indiqué hier son président Jacques Voisin au terme du sommet social à l'Élysée. 'On peut envisager de s'engager dans cette journée du 27 mai. On va consulter notre bureau confédéral la semaine prochaine ', a-t-il déclaré à la presse. L'intersyndicale CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa a annoncé jeudi l'organisation d'une journée nationale d'action le 27 mai avec grèves et manifestations pour défendre l'emploi, les salaires et les retraites. Cette journée d'action nationale interviendra donc avant la grève annoncée séparément mardi par Force ouvrière pour le 15 juin, une date jugée trop tardive par l'intersyndicale, dont les représentants ont ' regretté que FO ne vienne pas aux réunions auxquelles elle est invitée chaque fois. ' La dernière journée de grèves et de manifestations, qui remonte au 23 mars, avait mobilisé 800 000 personnes environ selon la CGT, et 380 000 selon la police. Selon Nadine Prigent, ' l'objectif est de faire mieux ' le 27 mai que le 23 mars, en faisant ' converger tous les mouvements revendicatifs.'

Oui au chômage partiel non au pouvoir d'achat

Nicolas Sarkozy a prolongé hier les aides aux entreprises recourant au chômage partiel ou recrutant des jeunes en alternance, mais les syndicats lui ont reproché de faire fausse route en invoquant la sortie de crise et la rigueur pour ne rien annoncer pour le pouvoir d'achat. À l'issue de trois heures de réunion au sommet sur l'emploi, au ton 'resté civil' selon l'Élysée, les partenaires sociaux ne sont pas sortis totalement bredouilles, mais pleins de reproches. Le patronat parce que la mesure d'exonération 'Zéro charges ' dont bénéficient depuis fin 2008 les très petites entreprises pour l'embauche de salariés ne sera pas reconduit et cessera le 30 juin. Des aides à l'embauche de seniors sont envisagées mais à une échéance non précisée. Les syndicats parce que le chef de l'État n'a pas entendu leur demande de rééditer les aides directes aux ménages comme en 2009. Outre le besoin de résorber les déficits publics, le gouvernement est convaincu que la sortie de crise se profile, bien que l'intérim soit toujours au creux de la vague et que les incertitudes internationales pèsent. 'Nous serions en sortie de crise' , a ironisé à sa sortie le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, dénonçant ' l'optimisme surréaliste' du gouvernement. Selon lui, l'austérité risque de faire repartir l'économie 'dans le mur' et le sommet social est peu susceptible d'atténuer le sentiment d'injustice 'très largement répandu parmi les salariés '. 'Il y a des mesures de rigueur alors que les salariés sont toujours au fond de la crise pour l'emploi' , a-t-il observé. ' Les premiers à en faire les frais sont les plus modestes dans notre pays', a renchéri son homologue de la CFDT, François Chérèque, 'il faut réussir la journée (de manifestation) le 27 mai' . Conséquence de la récession inédite de 2009, environ 4 millions de personnes sont inscrites comme demandeurs d'emploi, dont près de 1,4 million depuis plus d'un an. À leur arrivée, plusieurs syndicats étaient sans illusion, quelques jours après l'annonce d'un gel de trois ans des dépenses de l'État. Ils ont eu beau critiquer durant la réunion la réduction des effectifs publics et le soutien aux heures supplémentaires pour lequel l'État dépense plus de 4 milliards d'euros par an à contre-emploi, ces mesures restent taboues. À propos des aides directes aux ménages (2,5 milliards d'euros en 2009), 'vous savez bien que la France ne peut s'engager seule dans cette voie, ce serait désastreux pour notre compétitivité' , leur a dit Nicolas Sarkozy. De plus, selon lui, 'la demande des ménages continue aujourd'hui à bien résister', ce que ne corroborent pas les prévisions de l'Insee. ' Nous devons maintenant engager le redressement de nos finances publiques ', a-t-il insisté. Évoquant les mesures de soutien au chômage partiel (370 millions d'euros en 2009 pour l'État) et à la reconversion des licenciés économiques (CRP, CTP), le chef de l'État a estimé 'devoir les maintenir'. Pour les aides en faveur de l'alternance, versées par l'État aux employeurs qui recrutent un jeune en apprentissage ou en contrat de professionnalisation, Nicolas Sarkozy a jugé qu'elles donnaient des ' résultats encourageants mais fragiles'. ' Nous ne pouvons pas risquer de les mettre en péril ', a-t-il dit. La réforme des retraites qui n'était pas au menu de la réunion, s'est invitée dans les débats. Excluant toute augmentation des prélèvements obligatoires, Nicolas Sarkozy a confirmé un effort pour plus hauts revenus et ceux du capital, un message bien accueilli par les syndicats.