L'épreuve de force des syndicats

Publié le 31/08/2010
Appelant au rassemblement place Foch à Epinal, les partenaires sociaux annoncent une mobilisation sans précédent pour le grand rendez-vous social du 7 septembre prochain.
L'épreuve de force des syndicats
L'épreuve de force des syndicats
Appelant au rassemblement place Foch à Epinal, les partenaires sociaux annoncent une mobilisation sans précédent pour le grand rendez-vous social du 7 septembre prochain.

Vosges Matin, Mardi le 31 Aout 2010 / Vosges

Sur ce même thème des retraites près de 7 000 personnes avaient été mobilisées le 24 juin par l'intersyndicale vosgienne.

La pression monte parmi les responsables syndicaux du département qui ont mis à profit ces dernières semaines de vacances pour affûter leurs armes. Rien n'a été laissé au hasard pour la journée d'action du 7 septembre sonnant le rappel de la rentrée sociale. Vilipendant la réforme des retraites, les porte-parole des états-majors se disent prêts à l'affrontement avec le gouvernement. Dans les Vosges les huit organisations syndicales (CGT, CFDT, CFTC, CGC, FO, UNSA, FSU et Solidaires) multiplient les démarches depuis le mois de juin auprès des parlementaires vosgiens alors que le projet de société faisant polémique, nous promet cet automne de retentissantes joutes oratoires au palais Bourbon.

Dans la perspective de ce 7 septembre se traduisant par une manifestation dans les rues d'Epinal précédée d'un rassemblement à 14 h 30 devant la préfecture, l'intersyndicale peaufine actuellement les derniers détails de l'ordre de mobilisation générale.

Banderole unitaire

Autour du slogan « Injuste, inacceptable ! Pour une autre réforme des retraites » une banderole unitaire prendra place en tête de cortège. Bien que le secret soit pour l'instant bien gardé, des initiatives plus locales devraient également voir le jour à Saint-Dié, Neufchâteau et Mirecourt. Dès samedi prochain des tracts seront distribués sur les principaux marchés du département. Ayant rencontré Bernard Thibault la semaine dernière, Denis Schnabel (CGT-Vosges) est catégorique. « Paris nous a demandé d'être réactifs. L'objectif est de faire mieux que le 24 juin où nous avions comptabilisé près de 7 000 personnes à Epinal. Dans le public comme dans le privé les débrayages pourraient bien préfigurer un blocus général. Il est impensable pour nous d'accepter une quelconque remise en cause de la retraite à 60 ans. Si on lâche sur ce dossier, demain ce sera la sécu qui sera à son tour attaquée. Sur cette question comme sur celle de la pénibilité au travail, le gouvernement se refuse pourtant à tout dialogue. »

Pour Hervé Courrier, « d'autres financements sont possibles. Il suffirait de taxer le capital à hauteur d'un point supplémentaire ou de s'attaquer au retraites chapeau. Je suis heureux de constater que les jeunes issus de la génération anti-CPE et qui se trouvent aujourd'hui sur le marché de l'emploi, ont pris conscience des enjeux futurs. C'est pourquoi il faut s'attendre à ce qu'ils renforcent les rangs des manifestants le mardi 7 septembre. »

« Ces propositions sur les retraites sont tout simplement injustes » surenchérit Claude Caverzasio au nom de la CFDT. « En ce qui concerne le volet pénibilité nous aurions aimé une approche globale et non un traitement au cas par cas. du problème »

Une détermination qui selon Denis Schnabel « pourrait conduire à une paralysie rappelant les grandes grèves de décembre 1995. »

L'appel à la grève devrait être largement suivi le 7 septembre dans l'Education nationale. « Nous ne sommes pas opposés à une réforme des retraites, mais certainement pas à des mesures aussi radicales, » s'insurge Stéphane Daval, secrétaire départemental de l'UNSA. « J e pense en particulier aux jeunes universitaires qui ne toucheront une retraite à taux plein qu'à 67 ans. » Mais pour Stéphane Daval la profession a bien d'autres motifs de mécontentement. Il cite notamment les problèmes de formation touchant cette année 23 élèves tout juste sortis de l'IUFM d'Epinal, le manque de postes à la rentrée dans le second degré, ainsi que les menaces pesant sur les personnels administratifs.

« La gestion informatique des agents du 1er degré se fait désormais dans la Meuse » s'indigne le responsable. « Celle des retraites et des bourses a été transférée au rectorat de Nancy et à Metz. »