L'ultime appel pour sauver l'inspection

Publié le 24/10/2012
Les syndicats auront tout tenté pour sauver l'inspection de l'Éducation nationale. Pour éviter de plier bagages. Sans succès. Le camion de déménagement a tout englouti hier. Direction Épinal.
L'ultime appel pour sauver l'inspection
L'ultime appel pour sauver l'inspection
Les syndicats auront tout tenté pour sauver l'inspection de l'Éducation nationale. Pour éviter de plier bagages. Sans succès. Le camion de déménagement a tout englouti hier. Direction Épinal.

© Vosges Matin, Mercredi le 24 Octobre 2012 / Remiremont

Syndicats, élus, enseignants, conseillers pédagogiques..., tous étaient présents pour faire connaître leur mécontentement face au déménagement, dans les locaux d'Épinal, de l'inspection de l'Éducation nationale (IEN) de Remiremont.

Francis Géhin, Stéphane Daval et Étienne Zint, représentant les syndicats, étaient présents dès 9 h, hier matin.

Ils ont joué leur dernière carte, hier. Pas celle de la carte scolaire mais bien celle de la dernière chance. Les représentants des syndicats avaient appelé au rassemblement devant les locaux de l'inspection de l'Éducation nationale (IEN), situés rue des Chaseaux à Remiremont. « Nous sommes venus dès 9 h pour constater le déménagement. Symboliquement, c'est important d'être présent », explique Francis Géhin du syndicat national unitaire des instituteurs et professeurs des écoles et de la fédération syndicale unitaire (SDSNUipp-FSU) qui espère un retour en arrière et qui restera « déterminé pour que cela se passe autrement. »

Avec ce déménagement, si les parents ou les maires des communes veulent désormais avoir un interlocuteur, c'est à Épinal qu'ils devront se rendre. « Nous estimons que le rôle de pilotage de l'inspection est d'être au coeur de Remiremont et non d'être excentré », ajoute Stéphane Daval du syndicat des enseignants et de l'union nationale des syndicats autonomes (SD SE UNSA).

Remplir des locaux ?

« Il n'y aurait pas de place à Épinal, le problème ne se serait pas posé. Il faut, en effet, remplir les locaux de la direction des services départementaux de l'Éducation nationale », enchaîne Étienne Zint du syndicat général de l'Éducation nationale (SGEN CFDT). « Il y a un ratio d'occupation qui est de 12 m2 par personne et si on est en dessous, l'administration paye des pénalités. Des pénalités qui sont d'ailleurs prises sur le budget de fonctionnement. Donc ceci explique cela », note Francis Géhin.

« Une histoire de sous »

D'ailleurs, l'argent est le nerf de la guerre, c'est bien connu, et c'est aussi cela qui a fait pencher la balance. « L'administration a mis en avant les économies qu'elle va réaliser. Des économies d'un ridicule et totalement dérisoires si tenté qu'il y en ait », poursuit Francis Géhin. « Désormais, les collègues qui vont prendre leur quartier à Épinal vont devoir davantage se déplacer. Ceux qui venaient de Bussang, par exemple, jusqu'à Remiremont, vont devoir, eux aussi, se déplacer. Et ça, bien évidemment, ce n'est pas pris en compte », enchaîne Étienne Zint. « Il faut savoir que l'administration a tout de même des enveloppes de déplacement. Des enveloppes qui sont très contraintes pour ne pas dire faibles et qui ne suffisaient déjà pas actuellement », renchérit Francis Géhin. Tous dénoncent d'ailleurs ce transfert de charges de l'administration sur les deniers personnels des agents. « Une fois l'enveloppe réduite à zéro, les personnels devront se déplacer en payant de leur poche. L'administration compte, en effet, beaucoup sur l'investissement des personnels. Nous n'avons d'ailleurs pas de voitures de fonction. »

Une propositionrangée au placard

La proposition du maire de Remiremont, Jean-Paul Didier, de mettre à disposition des locaux à titre gratuit n'aura, elle non plus, pas suffit. « Sa proposition ne réduisait que de moitié les frais. Notre administration réclamait également une prise en compte des charges (chauffage...). Elle était très exigeante ! »

Avec ce rassemblement hier matin, les syndicats ont également voulu attirer l'attention de tous sur la modification des conditions de travail des personnels, imposée par ce choix, qu'ils s'agissent de l'équipe de circonscription ou de la totalité des enseignants. « Pour le personnel des écoles, ce déménagement est considéré comme un abandon. Tous ont l'impression d'être la dernière roue de la charrette. Ils sentent un désengagement total de la part de leur administration. » Des enseignants, loin d'être désengagés, mais plutôt fortement concernés puisque dès la fin de matinée, ils étaient présents rue des Chaseaux. « L'IEN est importante. Pour les relations avec l'inspecteur. Pour les rendez-vous avec les parents. En venant sur place, on pouvait résoudre des problèmes facilement dans un contexte où le travail des enseignants est de plus en plus difficile. Comme on dit loin des yeux, loin du coeur... », concluent, amers, les enseignants sur place. À l'heure de refonder l'école, il leur semble opportun d'éviter tout choix induisant une dégradation du service et des conditions de vie des personnels qui auraient des conséquences sur les élèves.

Hélène CONRAD

helene.conrad@vosgesmatin.fr

Plus de photos disponibles sur notre site internet : vosgesmatin.fr

Jean-Paul Didier, maire de Remiremont. - « J'aurais bien voulu voir toutes ces banderoles avant le déménagement. On met, une fois de plus, les élus devant le fait accompli. Sur le plan fonctionnel, je ne vois pas comment un service complet, inspecteurs, conseillers pédagogiques, va pouvoir fonctionner rationnellement sans sa proximité avec la circonscription. »

René Poirson, maire de Dommartin-lès-Remiremont. - « Nous avons perdu la justice. Nous perdons aujourd'hui l'inspection. Petit à petit, ça s'affaiblit. Que nous reste-t-il ? Mon pantalon ! On va se retrouver avec rien ! »

Stéphane Tramzal, maire de Rupt-sur-Moselle. - « Je suis là car je défends le service de proximité. Ce déménagement, ce n'est pas normal. C'est un service important pour la circonscription. Même si je pense que cela ne va pas changer les relations avec l'inspecteur sur Rupt. Le découpage était assez logique. Maintenant, c'est l'argent qui prend le dessus. »

Yves Le Roux, premier adjoint au maire de Saint-Étienne-lès-Remiremont. - « Je pense que cette manifestation arrive trop tard. C'est regrettable de perdre le bureau de Remiremont qui rassemble quand même toutes les écoles de la vallée. »

Marcelle André, maire de Saint-Amé. - « C'est la baisse de la qualité de l'enseignement, forcément ! Car pour gérer les problèmes au jour le jour, il faut être proche. C'est comme pour les élus, si on n'est pas sur le terrain, si on ne dialogue pas avec les partenaires, ça ne marche pas. On ne peut pas travailler à partir d'un bureau. »

Marie-Thérèse Berranger, maire de Saulxures-sur-Moselotte. - « Je suis là par solidarité car je ne suis pas directement concernée. Nous, nous dépendons de Gérardmer. Aujourd'hui, c'est Remiremont et demain, ça sera le tour de Gérardmer ? »