La CFDT santé-sociaux prend son pouls

Publié le 26/04/2012
La CFDT Santé-sociaux 88 est l'une des plus fortes de France. Face à la logique « purement financière » des directions des secteurs sanitaire, social et médico-social, le syndicat se bat à coup de propositions.
La CFDT santé-sociaux prend son pouls
La CFDT santé-sociaux prend son pouls
La CFDT Santé-sociaux 88 est l'une des plus fortes de France. Face à la logique « purement financière » des directions des secteurs sanitaire, social et médico-social, le syndicat se bat à coup de propositions.

© Vosges Matin, Jeudi le 26 Avril 2012 / Vosges

Le syndicat continue de militer « pour que les directions appliquent le droit ». (Photos Vosges Matin)

Au centre du nouveau bureau : la secrétaire générale Patricia Hacquard et Françoise Favet.

Avec ses 1 660 adhérents dans les Vosges, le syndicat santé-sociaux 88 de la CFDT est le deuxième plus fort de France. Ses résultats professionnels sont à l'avenant. Il détient la 1re place dans la fonction publique hospitalière du département (59,21 % aux comités techniques d'établissements) aux élections d'octobre 2011, même s'il a subi une baisse de 3 points à la commission administrative paritaire départementale à 55,33 %.

Le syndicat a rassemblé ses forces vives mardi à Chantraine, le temps d'un congrès en forme de bilan et d'orientations quadriennales.

Dialogue social difficile

Hôpitaux locaux, maisons de retraite, sociétés d'aide à domicile... le secteur sanitaire et social, qu'il soit public ou privé, n'échappe pas lui non plus aux coupes claires opérées dans les budgets des établissements. « Ce qu'on veut, s'est remettre l'humain au coeur de l'entreprise : les salariés sont créatifs ! », plaide la secrétaire générale Patricia Hacquard.

Le syndicat estime que la démographie médicale et l'organisation du travail sont alarmantes vu le vieillissement de la population vosgienne. « Il y a assez de médecins sur le territoire national mais on n'arrive pas à les faire venir dans nos territoires ruraux. Est-ce également dû à un manque d'attractivité de nos établissements ?», s'interroge-t-elle en constatant que les établissements réorganisent les équipes paramédicales sans se pencher sur l'organisation du médical. Or le travail des soignants découle de celui des médecins. « Il faut une cohérence. Certains établissements et certains médecins commencent toutefois à entendre cette problématique. »

« Malgré la modernisation du dialogue social des délégués syndicaux sont encore harcelés ou suspendus », surtout dans le secteur privé. Paradoxalement, le syndicat constate qu'il gêne davantage les directions en proposant des projets plutôt qu'en se montrant réfractaire.

Vers une « liste noire »des établissements

La CFDT santé-sociaux 88 constate que « les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux sont en grande difficulté : manque de directeurs, pour certains peu respectueux des salariés, dans le secteur public ce qui les oblige à gérer plusieurs établissements». Les directions sont « dans une logique purement financière, au détriment du respect des agents et des salariés », analyse le syndicat. « On va faire un bilan social humain et on dressera le classement des établissements sur des critères de dialogue social, de négociation... et on transmettra cette liste aux financeurs départementaux et régionaux », avertit Patricia Hacquard.

Parallèlement, le syndicat a obtenu de l'Agence régionale de santé qu'elle impulse des accords de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (des qualifications dans le public). « Ce devrait être un secteur en développement, pas en restructuration budgétaire », estime Patricia Hacquard. Les GPEC, estime-t-elle, devraient permettre d'anticiper les mobilités, les restructurations et les fusions. « Nous présentons nos propres projets. Les négociations sont dures dans les établissements car il s'agit de décisions unilatérales ; on est obligés de rentrer dans le rapport de force », déplore-t-elle.

E.BILLIARD