La MVM sort du blocage - Vosges Matin 19/04/2010

Publié le 17/04/2010 (mis à jour le 19/04/2010)
Le mouvement de grève engagé par une centaine de salariés à la MVM depuis dix jours à propos de la NAO a trouvé son épilogue avec un consensus.

Lundi 19 Avril 2010, © Vosges Matin / LOCALE LA PLAINE  

 
Les salariés grévistes de la MVM ont tenu un piquet de grève pendant dix jours afin d'obtenir des augmentations salariales satisfaisantes. 

Mattaincourt
Les négociations salariales enclenchées à la Manufacture vosgienne de meubles de Mattaincourt à l'occasion de la NAO (négociation annuelle obligatoire) ont occasionné un conflit. Une centaine de salariés (sur un effectif de 461) ont décidé de faire grève à l'appel des trois syndicats CGT, CFDT et FO en installant un piquet de grève devant l'entrée de la MVM. Après de nombreuses négociations avec la direction de la MVM et du groupe Parisot, un accord est enfin survenu hier après-midi stipulant la reprise du travail pour les ouvriers grévistes à partir de lundi, à 5 h. 'Suite au déplacement d'une délégation à Saint-Loup-sur-Semouse, siège du groupe Parisot, avec la DRH Mme Dupuis, nous avions obtenu des avancées significatives qui ont été confirmées aujourd'hui (hier) par le directeur général de la MVM, Michel Veillon. Chaque salarié bénéficiera d'une augmentation de 25 € dès le 1 er mai et une autre de 8 €, le 1 er octobre quel que soit le résultat de la production. Une majoration individuelle du salaire s'effectuera également en fonction du résultat d'une notation et d'une évaluation réalisées dans l'entreprise', indiquait Xavier Rémia, délégué CGT en parfait accord avec la CFDTet FO. 

Retrouver l'équilibre
De son côté, le directeur général regrettait la longueur du conflit : 'Les mois de janvier et février ont été difficiles avec seulement 170 000 colis par mois. Alors que les commandes de mars et avril annonçaient une reprise, nous avons pris du retard et il va falloir redoubler d'efforts pour satisfaire nos clients aux risques de les voir partir. Le rattrapage va donc être primordial afin de retrouver une production satisfaisante. À 200 000 colis, nous sommes juste à l'équilibre et nous devons réaliser plus pour compenser les pertes de début d'année. D'autant plus que le groupe Parisot a décidé d'investir 3,1 millions d'euros dans l'outil de travail. La preuve que la direction joue le jeu dans une période économique difficile. Ce conflit ressemble à du gâchis et j'espère que nous parviendrons à retrouver une production satisfaisante. Nous ferons le point fin mai sur notre situation des ventes', exprimait Michel Veillon, visiblement inquiet sur le retour aux objectifs tandis que les syndicalistes ne manquaient pas d'insister sur le fait que ce mouvement était le plus long conflit depuis 1978, à la MVM. 

Des efforts de rattrapage 
Afin de rétablir un rythme de production capable de compenser le retard occasionné par le conflit, les anciens grévistes vont devoir jongler avec les RCR (repos compensatoire de remplacement), les CET (compte épargne temps) et congés payés. D'un autre coté, la direction reste silencieuse sur les négociations du groupe Parisot avec ceux de Manuest et d'Arcapita. La situation semblerait bloquer sur les conditions de reprise sachant que le passif financier de Manuest serait une des principales causes de la durée des négociations qui laissent de nombreux salariés castiniens dans l'inquiétude et l'incertitude la plus totale. Concernant les employés de la MVM, ils seront dans leur totalité (461 personnes) présents ce matin, dès 5 h, pour reprendre le travail.

Eric NURDIN