Le combat des Lactalis commence

Publié le 01/09/2011
Quelques jours après l'annonce surprise de la suppression de 128 postes à la fromagerie Lactalis de Xertigny, l'heure est à la mobilisation. Une rencontre entre représentants du personnel et élus s'est déroulée hier.
Le combat des Lactalis commence
Le combat des Lactalis commence
Quelques jours après l'annonce surprise de la suppression de 128 postes à la fromagerie Lactalis de Xertigny, l'heure est à la mobilisation. Une rencontre entre représentants du personnel et élus s'est déroulée hier.

© Vosges Matin, Jeudi le 01 Septembre 2011 / Vosges

 

Les élus, Michel Heinrich, en tête, ont longuement écouté les représentants du personnel de la fromagerie. (Photo Eric THIEBAUT)

Xertigny

«Un procédé scandaleux et inacceptable », pour Michel Heinrich, le député de la circonscription. « Un manque de respect » et « une annonce brutale », selon les représentants du personnel. Les mots ne manquaient pas, hier après-midi, en mairie, alors que les syndicalistes de la fromagerie Lactalis rencontraient les principaux élus du secteur afin d'évoquer « la mort annoncée » de leur usine.

Lors de cette rencontre à huis clos, tous ont fustigé le comportement de la société laitière, qui n'a pas tenu ses engagements après une première suppression de 42 postes il y a moins d'un an.

« Surtout, cette décision intervient alors qu'en juin dernier les décideurs de l'entreprise nous avaient parlé d'une étude pour augmenter la production. On devait en avoir la restitution en décembre, souligne Bernard Bernier, secrétaire du comité d'entreprise, à l'issue de cette rencontre, encore abasourdie par une telle décision. Par méfiance, nous avions demandé à avoir des informations sur ce projet en juillet. A l'époque, on nous avait demandé d'attendre la fin des vacances. »

Un précédent identiqueà Sarrebourg

« On ne s'y attendait pas du tout. C'est une surprise totale. Mais c'est une chronologie logique par rapport à la stratégie du groupe », ajoute Sébastien Grand, délégué syndical CFDT. « Ce procédé n'est pas sans rappeler celui exercé il y a quelques années à Sarrebourg. C'est un copier-coller. Une première suppression de postes puis une autre avant de laisser une activité réduite sur le site », constate encore S ébastien Grand.

Reclassement à Corcieux ?

Abattus mais pas encore résignés, les salariés xertinois ont décidé de se battre jusqu'au bout pour sortir dignement de ce qui sera, certainement, l'un des derniers gros combats : obtenir de véritables mesures sociales pour tous. Un reclassement vers l'usine de Corcieux a bien été proposé. « Mais c'est insuffisant. Nous sommes vraiment scandalisés par de telles propositions. »

Dès lors, le combat ne fait que commencer. « Ce sera long mais nous n'avons plus rien à perdre. »

Xavier CZAJA

A l'issue de cette rencontre, les syndicats ont annoncé que les salariés débuteront ce matin, dès 8 h, une grève illimitée. Celle-ci interviendra quelques minutes avant la réunion extraordinaire du comité d'entreprise qui commencera à 8 h 30. « On appelle à la mobilisation de tous les habitants de la commune et des personnes qui souhaitent nous soutenir », ont indiqué les représentants du personnel présents hier après-midi. Et d'autres actions sont à prévoir lors des prochains jours.

Lors de la visite de Nicolas Sarkozy, demain matin, à Saint-Dié, les syndicalistes rencontreront un conseiller spécial du président.