Les « postiers » au bord de la rupture

Publié le 03/05/2012
Des effectifs qui fondent, des réorganisations en pagaille, des arrêts maladies en hausse... Les syndicats de La Poste ont décidé de tirer la sonnette d'alarme pour obtenir de meilleures conditions de travail.
Les « postiers » au bord de la rupture
Les « postiers » au bord de la rupture
Des effectifs qui fondent, des réorganisations en pagaille, des arrêts maladies en hausse... Les syndicats de La Poste ont décidé de tirer la sonnette d'alarme pour obtenir de meilleures conditions de travail.

© Vosges Matin, Jeudi le 03 Mai 2012 / Vosges

Les élus syndicaux de La Poste ont récolté quelque 800 signatures lors d'une grande pétition lancée au niveau national.

L'intersyndicale vosgienne de La Poste est inquiète depuis des mois. Ses craintes se sont confirmées ces derniers jours à la réception d'une pétition nationale liée aux conditions de travail. « Plus de 2/3 des salariés du département l'ont signée », affirment en choeur, Bernard Bernard (CGT), Philippe Côme (CFDT), Gérard Prévot (FO) et Jean-Claude Odille. Preuve selon eux d'une « dégradation des conditions de travail depuis une dizaine d'années ».

En une décennie, les effectifs de l'entreprise publique ont fortement diminué. « Nous sommes 1 300 salariés. 400 emplois ont été perdus. Et encore, nous avons de la chance qu'un centre de tri numérique, qui emploie 250 agents, se soit installé à Saint-Dié. Sinon, nous serions à peine 1 000 'postiers' sur les Vosges », souligne Bernard Bernard.

80 bureaux fermés ou transformés

Un effectif en chute libre qui s'explique par de « multiples réorganisations opérées ces dernières années », poursuit le membre du secrétariat de la CGT. Celles-ci deviennent de plus en plus récurrentes. Les salariés ne savent plus à quel saint se vouer. « Aujourd'hui, avec tous ces changements, il y aurait une centaine de personnes qui seraient en 'sur nombre' , c'est-à-dire qu'ils ne travailleraient à leur poste de prédilection », ajoute encore Bernard Bernard. « Certains sont même licenciés s'ils sont déclarés inaptes au travail. On ne leur en propose même pas un nouveau », s'emporte Jean-Claude Odille.

Cette réorganisation interne s'est entachée de la fermeture et/ou de la transformation de 80 bureaux de Poste en agences ou relais. « La direction parle davantage de productivité plutôt que de qualité de travail » enchaîne Philippe Côme.

Incidences sur les usagers

Ces problèmes organisationnels touchent aussi les usagers. « Nos horaires d'ouverture sont de plus en plus réduits. Nous sommes moins à l'écoute des gens. Certaines tournées sont réalisées par plusieurs facteurs. Et quelques bureaux risquent d'être fermés quelques jours voire quelques semaines cet été faute de remplaçant », poursuit Gérard Prévot.

C'est pourquoi, au regard du contexte social, l'intersyndicale demande un gel des réorganisations. « La productivité, ce n'est pas la santé », lance Gérard Prévot, qui comme ses collègues syndicalistes espère que le dialogue social reviendra pour de bon au sein de La Poste afin d'éviter des drames humains et le « syndrome France Télécom ».

Xavier CZAJA