Lohmann & Rauscher dans une situation inextricable

Publié le 25/11/2011
Suite à ses déboires avec sa filiale Sodimédical, l'entreprise Lohmann & Rauscher a opté pour une procédure de sauvegarde afin de protéger les emplois à Remiremont.
Lohmann & Rauscher dans une situation inextricable
Lohmann & Rauscher dans une situation inextricable
Suite à ses déboires avec sa filiale Sodimédical, l'entreprise Lohmann & Rauscher a opté pour une procédure de sauvegarde afin de protéger les emplois à Remiremont.

© Vosges Matin, Vendredi le 25 Novembre 2011 / Vosges

Cécile Desjeunes, déléguée syndicale CFDT, et Christophe Thomas, délégué régional à l'emploi CFDT, veulent éviter que les salariés de Lohmann et Rauscher se retrouvent sur le carreau.

Gallus Eberle, directeur général, et Salim Bouzidi, directeur financier, au sein de Lohmann & Rauscher. (Photos P.GLESS)

Remiremont

Pourtant en bonne santé financière, Lohmann & Rauscher se trouve dans une situation très inconfortable. Implantée zone de Choisy à Remiremont, l'entreprise fournit des kits chirurgicaux aux hôpitaux.

Or, depuis avril 2010, elle doit faire face à la liquidation judiciaire de sa filiale Sodimédical, implantée à Plancy-l'Abbaye dans l'Aube. Elle a été contrainte de verser les salaires des 51 salariés de cette filiale par une décision de justice du tribunal de Reims. Les salariés, défendus par Me Brun, ne veulent pas négocier avec l'entreprise. Leur leitmotiv est de conserver du travail.

Or, l'entreprise Lohmann & Rauscher ne peut plus leur en donner. Les kits français ne sont absolument plus compétitifs face à ceux des concurrents chinois. Toute la production est désormais délocalisée là-bas.

Fait peu commun, le syndicat CFDT a organisé une conférence, hier matin, au sein même du site de Lohmann & Rauscher. « L'entreprise de Remiremont est sur la sellette si elle doit payer ce que l'avocat lui réclame en Champagne. On est complètement pris en otage », lance Christophe Thomas, délégué régional à l'emploi CFDT.

A ses côtés, Cécile Desjeunes, déléguée syndicale CFDT, exprime ses craintes : « Tous les clients et fournisseurs s'inquiètent. Les salariés aussi car ils ne savent pas où on va. » D'autant qu'elle se souvient du plan social qui avait touché l'entreprise en 2005. Depuis, la pente a été remontée et l'entreprise nourrit même des projets d'agrandissement sur le site romarimontain.

Sauf si l'astreinte financière, de l'ordre de 1,5 million d'euros par mois, les réduit à néant. C'est pour cela que le directeur général Gallus Eberle a décidé de placer l'entreprise « sous protection » via cette procédure de sauvegarde. Qui gèle les dettes.

Forcément, les salariés de Sodimédical n'ont pas la même analyse de la situation. Ils exigent le maintien de leur usine et la reprise du travail. Et ont décidé d'emprunter la voie judiciaire pour défendre leurs droits. Même s'il respecte leur combat, Christophe Thomas ne peut s'empêcher de fustiger le moyen. « Il faudrait qu'ils négocient. A un moment, il faut être responsable. Il ne faut pas mettre tout le groupe dans la mouise. »

Car ce qui se joue, à Remiremont, c'est bien l'avenir des 120 salariés de l'entreprise mais aussi de 30 salariés d'un sous-traitant de Saint-Nabord et 16 personnes du CAT de Saint-Amé. « Et dans un département sinistré comme les Vosges, ce n'est pas rien », appuie Christophe Thomas.

Paradoxalement, c'est une entreprise saine qui se retrouve avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Et qui ne pourra bénéficier, qu'une seule année durant, de la protection de la justice commerciale.