Manifestation - Dialogue de sourds à l'Adapei

Publié le 26/06/2011
Salariés et délégation syndicale ont manifesté hier matin lors des assises annuelles de l'Adapei des Vosges.
Manifestation - Dialogue de sourds à l'Adapei
Manifestation - Dialogue de sourds à l'Adapei
Salariés et délégation syndicale ont manifesté hier matin lors des assises annuelles de l'Adapei des Vosges.

© Vosges Matin, Dimanche le 26 Juin 2011 / Vosges 
 
Marie-Jeanne Thimont, déléguée syndicale de l'Adapei : « Nous nous sentons atteints dans notre dignité, désabusés et inquiets.»

 
C'est par des brioches que les manifestants ont interpellé les participants aux assises annuelles de l'Adapei. (Photos J. HUMBRECHT)

Le blanc de certains masques et l'orange vif de la Cfdt (Confédération française démocratique du travail) ne passaient pas inaperçus hier matin aux abords de la faculté des sciences, rue Pierre-Blanck, à Epinal. A l'occasion de l'assemblée générale de l'Adapei (l'Association départementale des amis et parents d'enfants inadaptés) des Vosges, la section confédérale avait décidé de manifester son mécontentement. 

« Cette manifestation a pour but de dénoncer les mesures gouvernementales sur la restriction des financements, explique Patricia Hacquard, responsable Cfdt santé-sociaux 88. Mais notre présence ici est également motivée par le fait que le dialogue social entre la direction de l'AdapeiI et les salariés est complètement coupé. On tient à mobiliser les salariés, mais aussi interpeler le conseil d'administration en prévenant qu'on peut monter crescendo au niveau des actions. » 

Une mobilisation toutefois calme et posée avec accueil des participants aux assises annuelles de l'association sans haie d'honneur ni arrivée conspuée, mais à coup de... brioche offerte ! Ce qui n'a cependant pas empêché les manifestants de conserver foi en leur action. 

« Si on est là aujourd'hui, c'est parce qu'on ne peut pas faire la grève d'exister et qu'il faut bien qu'on trouve des moyens de se faire entendre, s'insurge pour sa part Marie-Jeanne Thimont, déléguée syndicale de l'Adapei. On dénonce le management autoritaire de la direction, la continuelle dégradation de nos conditions de travail et toutes les conséquences que cela engendre au niveau de la qualité de la prise en charge des personnes accueillies. Les équipes de terrain continuent à être composées à flux tendu malgré la surcharge de travail induite par la loi 2002-2, les remplacements du personnel ne sont pas assurés et cela génère un épuisement et un malaise chronique qui nuit à la dynamique des équipes et provoque une succession d'arrêts de maladie et d'accidents de travail. »

Ainsi, alors que le taux d'absentéisme national par établissement est d'environ 12 %, il dépasse les 50 % dans certains établissements de l'Adapei des Vosges qui, rappelons-le, compte 415 salariés dans ses différents établissements et services du département. Courant janvier, une délégation Cfdt avait été reçue par le conseil d'administration. Le président de l'Adapei et les administrateurs alors présents s'étaient engagés à apporter les réponses aux questions posées fin févier. En vain, à l'heure actuelle...

Et la dernière nommée de conclure : « Nous nous sentons atteints dans notre dignité, désabusés et inquiets. Nous attendons que nos conditions de travail s'améliorent et qu'un vrai dialogue soit enfin possible. »