Manuest : « L'offre Nevelt a explosé lundi soir »

Publié le 02/12/2009
Les salariés de Manuest à Chatenois (Vosges) sont sur le pied de guerre. Prêts à s'engouffrer dans une grève illimitée si la direction de leur entreprise ne leur dit pas ce qu'ils veulent entendre :non, l'offre Nevelt n'a pas abouti.
Manuest : « L'offre Nevelt a explosé lundi soir »
Manuest : « L'offre Nevelt a explosé lundi soir »
Les salariés de Manuest à Chatenois (Vosges) sont sur le pied de guerre. Prêts à s'engouffrer dans une grève illimitée si la direction de leur entreprise ne leur dit pas ce qu'ils veulent entendre :non, l'offre Nevelt n'a pas abouti.

Mais le porte-parole de la direction n'en démord pas : « Les négociations sur le transfert des activités vers Nevelt sont arrivées à leur terme. Il reste deux ou trois problèmes administratifs à régler, mais les lettres de transfert seront envoyées dans quelques jours. »
Autrement dit, quarante-sept employés de Manuest vont recevoir un courrier leur indiquant qu'ils sont transférés sur le site de Nevelt dans le cadre du rachat par ladite entreprise de la partie Meuble Montés. Intox, selon les syndicats.

« Les salariés n'en peuvent plus »

«
Rien n'est signé, affirment d'une même voix Manuel Macedo, porte-parole du CE et de l'intersyndicale de Manuest, et Dominique Geoffroy, élu CFDT. L'offre Nevelt a explosé lundi soir à 18 h. Le CE n'a pas donné d'avis pour différentes raisons. On conteste notamment la liste des salariés et la manière dont les critères ont été étudiés pour valider ou pas les départs volontaires. » Là aussi, les propos de la direction provoquent la colère des syndicalistes.
« En tant que membres de la commission de suivi, nous n'avons jamais donné un avis défavorable à un départ volontaire, la direction joue sur les mots, appuie Dominique Geoffroy.
Les gens ont travaillé sur leurs dossiers de départs volontaires, les projets tenaient la route.
Et maintenant on leur dit qu'ils vont partir chez Nevelt alors que le responsable du PSE (plan de sauvegarde de l'emploi), Patrick Puy, avait dit qu'ils ne retiendrait personne.
Aujourd'hui, moi, j'ai peur qu'il se passe un drame humain. Les salariés n'en peuvent plus.
» Pour marquer le coup, la quarantaine d'employés du secteur Vogica a débrayé hier.
Et compte remettre ça au- jourd'hui.

« Dans une situation de blocage »


De son côté, Arnaud Dupuis, le président de Nevelt, avoue sa déception. « Ça n'a pas été signé, c'est vrai. Lundi à 18 h, juridiquement, l'offre a expiré. Nous nous retrouvons dans une situation de blocage. Je vais essayer de ne pas lâcher, mais il faut avoir les reins solides pour aller jusqu'au bout. Pourtant cette signature servirait l'intérêt de tout le monde. »
Les représentants syndicaux réclament aujour- d'hui une réunion avec Patrick Puy et Arnaud Dupuis. Tout est à refaire.

Ophélie SCHMERBER
Mercredi 02 décembre 2009, © L'Est Républicain / REGION-LORRAINE / RÉGION