Mobilisation à l'hôpital de Ravenel

Publié le 23/03/2011
Hier matin, une cinquantaine de personnes, majoritairement des infirmiers et salariés de catégorie C, ont manifesté à l'entrée de l'hôpital de Ravenel.
Mobilisation à l'hôpital de Ravenel
Mobilisation à l'hôpital de Ravenel
Hier matin, une cinquantaine de personnes, majoritairement des infirmiers et salariés de catégorie C, ont manifesté à l'entrée de l'hôpital de Ravenel.

© Vosges Matin, Mercredi le 23 Mars 2011 / Vosges

 
Mirecourt

« Avec toutes les coupes budgétaires, la baisse des activités thérapeutiques, sans oublier le durcissement de la loi qui va nous conduire vers des missions de simple gardiennage, autant dire que l'avenir ne sera pas rose. »

Pour Bruno Hubert, infirmier délégué CGT du personnel, cette mobilisation des salariés des secteurs de la santé sociale et médico-sociale, à l'appel des fédérations CGT santé action sociale et CFDT santé-sociaux est vitale. En ligne de mire : la réforme de la loi de 1990, relative à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge, jugée « sécuritaire, liberticide et instaurant des soins sans consentement en ambulatoire ». « Imaginez un trouble à l'ordre public, explique Bruno Hubert, suite à une soirée exceptionnellement bien arrosée. Les forces de l'ordre pourront vous imposer une garde à vue de 72 h pour voir s'il s'agit d'une crise passagère. Et dans tous les cas, vous serez fiché à vie », s'indigne-t-il avant de poursuivre : « Ce qui est paradoxal, c'est que l'on nous oriente vers des missions de simple gardiennage avec une politique de remplissage alors que d'un autre côté, on opère des coupes dans le budget. »

Et justement, à Ravenel, il est annoncé une diminution du budget vie sociale, activités thérapeutiques, de 10 000 euros. « De plus, l'arrivée du système de tarification à l'activité en psychiatrie (T2A) implique que nous cotions nos actes, ajoute à son tour Sylvain Pillant, cadre de santé, alors que ces cotations ne prennent pas en compte toutes les actions des agents. Cela ne mène à rien, même les Etats-Unis, à l'origine de ce système ont fait marche arrière. »

Sur le plan local, les syndicats soulignent d'autres points de mécontentement : arrêt des postes tournants, non-respect par le directeur de la réglementation vis-à-vis des concours, conditions de travail et de sécurité, emplois précaires, surveillance informatique du personnel, course à l'activité... « Nous demandons aussi une revalorisation des carrières, toutes filières confondues et essentiellement les catégories C (personnels techniques, agents de service), qui n'ont pas été augmentées depuis 6 ou 7 ans », lâche Bruno Hubert.

Des revendications qui résonnent également au niveau national et pointent du doigt l'ordre infirmier, refusé catégoriquement, la reconnaissance de la profession infirmière en catégorie A sans chantage au droit d'option et avec prise en compte de la pénibilité, ou encore la reconnaissance de la spécificité du soin en psychiatrie ainsi que l'abolition de la loi de 1990.

N.F.