Novacare : un troisième repreneur sur les rangs

Publié le 19/02/2010
Alors que le tribunal de commerce devait hier désigner l'un des deux repreneurs en lice de la société de couches-culottes de Laval-Sur-Vologne, un 3 e candidat s'annonce. Report de décision au 5 mars.
Novacare : un troisième repreneur sur les rangs
Novacare : un troisième repreneur sur les rangs
Alors que le tribunal de commerce devait hier désigner l'un des deux repreneurs en lice de la société de couches-culottes de Laval-Sur-Vologne, un 3 e candidat s'annonce. Report de décision au 5 mars.

Vendredi 19 Février 2010, © Vosges Matin / VOSGES

 

La plupart des salariés de Novacare s'étaient déplacés hier au tribunal de commerce d'Epinal pour montrer leur lassitude face à une situation 'délicate'. (Ph. P. GLESS)
Les deux repreneurs potentiels, l'Allemand (en premier plan) et l'Alsacien Sabri Mourad. Le 3 e n'a pas donné signe de vie.
Ils étaient presque tous là hier matin dans l'enceinte du tribunal de commerce d'Epinal. Ils, ce sont une grande partie des actuels salariés (soit 146 personnes) de Novacare, la société de couches-culottes de Laval-sur-Vologne. Ils avaient cessé le travail pour la matinée et affrété un bus pour assister à l'audience du tribunal qui devait se prononcer sur un éventuel repreneur, suite au placement de l'entreprise en redressement judiciaire le 27 octobre 2009. Dans une ambiance tendue et pour le moins désabusée, ils ont attendu le résultat de cette audience en espérant tout de même être fixé sur leur sort rapidement. ' C'est dur d'attendre et depuis le dépôt de bilan nous sommes inquiets. Nous ne voulons pas revivre encore la même chose' confie au passage une employée. Mais après plus d'une bonne heure de discussions, ces salariés, et les représentants CGT et CFDT de la branche papetière, sont repartis comme ils étaient venus. Sans être fixés sur leur sort. Le tribunal a reporté sa décision au 5 mars prochain car un nouvel élément non négligeable vient de s'ajouter au dossier. Un troisième repreneur se profile sur les rangs. Un industriel suisse, Hyga SA, qui fabrique et distribue des produits d'hygiène personnelle ainsi que des couches-bébés, des serviettes hygiéniques et des produits de protection pour incontinents. Couches 'bio' ? Depuis déjà quelques années (voir encadré), la branche couches-culottes de Novacare gérée par des fonds de pension américains (Mattlin-Patterson) était en difficulté face à un marché dominé par la grande distribution. Ces derniers temps pourtant, parmi les repreneurs potentiels qui s'étaient dégagés, deux semblaient tenir la route et étaient présents hier pour défendre 'mordicus' leur dossier. Le premier est un industriel allemand de la couche-culotte, installé près de Berlin, la société Riboth représentée par M.Eude qui était venu hier accompagné de son avocate Me Welche. Le deuxième sur les rangs est un Alsacien, Sabri Mourad, entrepreneur dans l'industrie papetière venu avec deux de ses trois associés. Ce chercheur de formation s'est positionné en tant qu'investisseur privé avec un projet spécifique : le développement de la couche-culotte bio. ' Nous avons repéré que cette entreprise avait un potentiel humain extraordinaire ainsi qu'un potentiel d'innovation élevé. Au lieu de rester une simple société de réalisation pour la grande distribution, nous aimerions prendre une nouvelle orientation naturelle qui miserait plus sur la qualité que la quantité avec un gros effort sur l'axe recherche et développement.' Ces deux candidats avaient cependant chacun à leur actif deux handicaps. Le premier qui avait promis de reprendre une centaine de salariés n'avait jusqu'à hier pas obtenu l'appui total des banques. Quant au repreneur alsacien, qui divisait la masse salariale par deux, son projet butait sur un souci de reprise de l'outil de production, que Mattlin-atterson leur proposait en leasing à un coût astronomique. C'est sans doute ce qui a conduit le tribunal a se donner un nouveau délai de réflexion, tout en tenant compte du fait qu'un troisième candidat sérieux se fait jour. Pour le responsable du comité d'entreprise Bruno Herry qui a annoncé la nouvelle aux salariés, c'est peut-être un ' mal pour un bien.' Car à ses yeux comme à ceux de ses collègues, toutes les pistes méritent d'être étudiées. Quant aux deux repreneurs, ils n'ont pas caché leur déception face à une situation qu'ils estiment plus qu'urgente. 'Nous maintiendrons notre offre tout en sachant que le temps qui passe ne joue pas en notre faveur. La situation de l'entreprise ne peut que s'aggraver' a précisé Sabri Mourad. Les membres du CE prévoient une assemblée générale du personnel dans les jours à venir et entendent bien rencontrer très vite ce nouveau candidat helvétique. Au fil de l'histoire L'entreprise de Laval-sur-Vologne employait encore en 2007 près de 580 personnes quand elle a été touchée par une vague de restructuration. Le 11 octobre 2007, un plan social se solde par la suppression de 136 postes de travail à la division 'changes' ainsi qu'aux départements 'hygiène' et 'logistique' ! Quelques mois avant, le fonds de pension américain Mattlin-Patterson était devenu l'actionnaire majoritaire de l'entreprise grâce au soutien financier de la Deutsch Bank et du consortium belge Fortis. Fin 2008, Novacare se recentre sur l'activité couche-culotte. L'Italien Cartiera Luchese (800 salariés et 200 millions de chiffre d'affaires) se porte acquéreur de la section 'Tissue' de Novacare (papier à usage sanitaire) afin de séparer les deux productions et de transférer 226 membres du personnel dans le giron du géant transalpin.