Papeteries des Vosges à Laval : une augmentation sinon rien

Publié le 12/01/2010
Des opérateurs qui vont devoir aussi devenir laborantins. En contre-partie, la direction propose "des miettes". Débrayages depuis jeudi.
Papeteries des Vosges à Laval : une augmentation sinon rien
Papeteries des Vosges à Laval : une augmentation sinon rien
Des opérateurs qui vont devoir aussi devenir laborantins. En contre-partie, la direction propose "des miettes". Débrayages depuis jeudi.

Mardi 12 Janvier 2010, © Vosges Matin / VOSGES

Les leaders syndicaux pensent que la suppression des postes de laborantins aura des conséquences sur la qualité des produits fabriqués à Laval-sur-Vologne. (Photos F.S.)
La direction de Papeteries des Vosges (PDV) à Laval-sur-Vologne a refusé de s'exprimer. Impossible en l'état de savoir ce qui l'a poussée à se passer des compétences de cinq laborantins. 'Ils ont été reclassés ou sont partis en retraite', déclare un salarié. Mais le laboratoire existe toujours. 'On essaye de nous redonner le travail', explique Joël Rose, au nom de l'intersyndicale CFDT-FO. De fait, la direction a demandé aux opérateurs sur machine de se charger aussi de l'analyse de la qualité des produits de cette usine qui, 'à 75 %', fabrique le papier sur lequel sont imprimées des notices de médicaments. 'Nous n'avons pas reçu de formation pour ça. La qualité de nos produits risque d'en souffrir. Et dans notre secteur, on ne peut pas se permettre de dérive', continue le même. A la tête du client Face à une direction qui, de l'avis des syndicats en présence, joue les autistes, une partie des 115 salariés de PDV a décidé de débrayer pendant une heure au début ou au cours de chaque faction. 'Ici, on fait les 5 x 8. Débrayer pendant une heure, ça veut dire arrêter les machines pendant beaucoup plus longtemps, car on ne redémarre pas une machine à papier en claquant des doigts. ç a fait perdre beaucoup d'argent à l'entreprise', se félicite cet élu du personnel qui ne voit que le rapport de force pour contraindre son patron à discuter ailleurs que sur un bout de parking. Mais depuis jeudi dernier que l'outil de production s'arrête, puis redémarre, rien ne semble y faire. Pas même l'augmentation de 0,25 à 0,50 centime d'euro par heure proposée aux opérateurs concernés. 'Les gens ne demandent pas des millions, mais ce qu'ils nous proposent, ce sont des miettes...' Au lieu de 'miettes', les salariés dans l'action demandent ces miettes revalorisées de 50 centimes d'euro par heure. 'Ils ont accepté, mais au cas par cas. Au mérite, comme ils disent. Nous refusons ce management à l'américaine', conclut Joël Rose qui, avec ses camarades, a concocté un grand raout médiatique aujourd'hui devant l'établissement de la rue Maurice-Mougeot, voisin de l'entreprise de couches-culottes Novacare. Papeteries des Vosges, présentée par la voix du standard automatique comme une filiale de Bolloré, a été rachetée cet été par Republic Technologies, un spécialiste du papier de cigarettes à rouler. Dam.B.


 

Dam.B.