Point syndical : « l'économie prime sur l'humain »

Publié le 09/09/2011
Face à la situation de l'emploi dans les Vosges, ternie par de nombreux licenciements économiques, deux membres du bureau de l'union locale de la CFDT tirent la sonnette d'alarme face aux abus.
Point syndical : « l'économie prime sur l'humain »
Point syndical : « l'économie prime sur l'humain »
Face à la situation de l'emploi dans les Vosges, ternie par de nombreux licenciements économiques, deux membres du bureau de l'union locale de la CFDT tirent la sonnette d'alarme face aux abus.

© Vosges Matin, Vendredi le 09 Septembre 2011 / Remiremont

Nathalie Marion et Michel Gravier sont formels, la situation sociale empire dans les Vosges. Selon eux, le harcèlement moral est devenu monnaie courante dans les stratégies de management.

C'est dans un climat austère que s'est faite la « rentrée sociale » des syndicats. L'emploi dans le département a en effet connu plusieurs turbulences ces derniers mois avec notamment des licenciements économiques chez FTS, à la papeterie Grégoire, aux thermes de Plombières et à la laiterie de Xertigny, pour ne citer qu'eux.

L es délégués de la Confédération française démocratique du travail dressent aujourd'hui un constat alarmant, « mais que nous ne pouvons pas taire », tient à préciser Michel Gravier, membre de la convention juridique. « Au-delà de notre rôle de conseil et d'écoute, nous devons aussi alerter les pouvoirs publics lorsque la situation devient critique, et c'est le cas aujourd'hui », développe-t-il.

Syndicat de plus de 10 000 salariés dans les Vosges et d'environ 3 000 dans le bassin des Hautes-Vosges, la CFDT s'estime suffisamment proche d'eux et au courant de la situation dans de nombreuses entreprises vosgiennes pour se permettre un constat. À commencer par une recrudescence de cas de harcèlement moral, qui concerne dans 80 % des cas des femmes.

« La détresse est énorme au niveau local, témoigne Nathalie Marion, membre du bureau, en charge des personnes handicapées, aujourd'hui, les patrons mettent une pression énorme sur les salariés qui ne conviennent pas à leurs critères. Une fois décelé, le salarié « à éliminer » va subir de multiples harcèlements moraux, il sera exclu, ciblé par ses collègues. » Et ce dans un seul but, « le forcer à tout prix à démissionner en le jugeant inapte », déplore Michel Gravier. Des méthodes sournoises condamnées par la CFDT qui peine à aider tous ceux qui se présentent à leur permanence juridique.

Un profil qui a bien changé puisque cadres et membres de la fonction publique se présentent à eux. « C'est une preuve qu'il n'existe plus de secteur professionnel favorisé. Aujourd'hui, les objectifs économiques priment sur l'humain. Le harcèlement moral devient de plus en plus une technique de management, il faut arrêter ça ! »

Clémence LAROQUE.