Santé : mouvement de grève à l'ADAPEI

Publié le 23/03/2011 (mis à jour le 24/03/2011)
80 des 410 salariés de l'ADAPEI manifestaient hier matin à Epinal, afin de dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail pénalisant la prise en charge des personnes accueillies par l'association.
Santé : mouvement de grève à l'ADAPEI
Santé : mouvement de grève à l'ADAPEI
80 des 410 salariés de l'ADAPEI manifestaient hier matin à Epinal, afin de dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail pénalisant la prise en charge des personnes accueillies par l'association.

Vosges Matin, Mercredi le 23 Mars 2011 / Vosges

A l'appel de la CFDT Santé-Sociaux, 80 personnes s'étaient réunies hier à Epinal devant le siège de l'ADAPEI. (Photo Joël ALEXANDRE)

Epinal

Autour du mot d'ordre national « 22 de tension, une journée pour tout dire », le mouvement de revendication lancé par la CFDT Santé-Sociaux, a été largement suivi par les personnels spécialisés du public comme du privé. Ainsi hier dès 9 h du matin, quelque 80 agents de l'Association départementale des Amis et parents de personnes inadaptées rassemblées à Epinal, ont réaffirmé leur ras-le-bol face à leur surcharge de travail.

Augmentation de 17,91 % du nombre d'arrêts maladie

« Les équipes sont à flux tendus. Les remplacements ne sont pas assurés. Des postes sont gelés pour des raisons économiques », s'insurge Marie-Jeanne Thimont, déléguée syndicale CFDT Santé-Sociaux à l'ADAPEI. Une situation qui, selon elle, nuit à la dynamique des équipes et se traduit par une multiplication des arrêts de maladie. Plus grave, de l'aveu de la responsable, ce manque de moyens humains ne permet plus aujourd'hui d'apporter des réponses personnalisées aux usagers des différentes structures de l'ADAPEI.

Marie-Jeanne Thimont pointe du doigt « l'attitude trop dirigiste de la direction envers les professionnels et le nombre insuffisant de cadres, remplacés par des personnels non formés en charge de la gestion de certains établissements ». Rappelant que la section syndicale représente 73 % des salariés de l'ADAPEI, le porte-parole souligne qu'en 2010 la CFDT a interpellé à deux reprises le conseil d'administration sur les conséquences de ce management. « Une rencontre a eu lieu huit mois plus tard après notre premier courrier. Le président s'était alors engagé à apporter des réponses à nos questions fin février. A ce jour nous n'avons pas encore retrouvé un sens commun à nos actions ».

Marie-Jeanne Thimont illustre ses propos en citant l'augmentation de 17,91 % du nombre d'arrêts maladie et la hausse de 38,7 % des accidents du travail. Une situation de mal-être ayant conduit, fin mai 2010, les membres du CHSCT à demander une expertise sur les risques psychosociaux à l'ADAPEI.

S'inscrivant dans une politique de qualité de service rendue à l'usager, Evelyne Meyer en tant que référent du secteur privé à la CFDT Santé-Sociaux, demande instamment que les employeurs se replacent dans une logique sociale. « Les salariés du secteur associatif ne sont pas des salariés du CAC 40. Ils sont issus du monde non lucratif et de la solidarité » affirme la syndicaliste. « Que l'on cesse de leur parler d'économie et de rentabilité ».

Un message ciblé en direction des pouvoirs publics en vue de «  l'ouverture de discussions sérieuses  » débouchant sur la reconnaissance du travail accompli au quotidien par les personnels de l'ADAPEI.

D.B.