Social - Enlisement à la maison de retraite d'Essegney

Publié le 05/03/2011
Après avoir utilisé son droit de grève, une salariée de l'établissement a fait valoir son droit de retrait. A contrario, pour son président, il n'y a aucun problème.
Social - Enlisement à la maison de retraite d'Essegney
Social - Enlisement à la maison de retraite d'Essegney
Après avoir utilisé son droit de grève, une salariée de l'établissement a fait valoir son droit de retrait. A contrario, pour son président, il n'y a aucun problème.

© Vosges Matin, Samedi le 05 Mars 2011 / Vosges 

Patricia Hacquard, secrétaire générale CFDT Santé-sociaux et Françoise Favet, secrétaire adjointe. (Photo J.HUMBRECHT)

La situation n'est apparemment pas à l'apaisement à la maison de retraite d'Essegney. Il y a une quinzaine de jours, la CFDT avait appelé à la grève afin d'alerter sur le cas d'une salariée, également déléguée syndicale, victime de harcèlement moral. Aurélie Lahaye, secrétaire comptable, dénonçait des pressions insupportables dans son travail ayant conduit à une dégradation de son état de santé.

La situation a évolué depuis. La salariée a en effet valoir son droit d'alerte et de retrait. Hier matin, une réunion a eu lieu à la maison de retraite avec la directrice, un vice-président du conseil d'administration, le médecin du travail et la représentante de la CFDT Santé-sociaux Patricia Hacquard. Seule absence remarquée : Gilbert Didierjean, le président du conseil d'administration de la maison de retraite. « Alors qu'il était présent dans l'enceinte de la maison de retraite pour discuter de sanctions éventuelles à l'encontre d'une autre salariée », rapporte Patricia Hacquard. « J'avais un autre rendez-vous à l'extérieur », contredit Gilbert Didierjean.

« On a commencé à discuter de l'aménagement du poste pour le retour de la salariée. Tout se passait bien jusqu'au moment où on nous a remis un courrier de M. Didierjean », raconte Patricia Hacquard. En quelques lignes, le président assure qu'il prend acte du droit d'alerte, qu'il a procédé à une enquête et qu'il demande à la salariée de réintégrer son poste.

« Je ne souhaite pas les rencontrer »

Une réponse qui fait fi des procédures en vigueur. La secrétaire générale CFDT Santé sociaux met alors fin à l'entretien. « Nous demandions juste que le président nous reçoive et qu'on puisse mettre fin au conflit », précise la représentante CFDT Santé sociaux. Le président du conseil d'administration, lui, avoue par téléphone : « Je ne souhaite pas les rencontrer. »

Apparemment, Gilbert Didierjean a choisi de faire la sourde oreille. Et ce comportement dure depuis trop longtemps au goût de Christophe Thomas, secrétaire général de la CFDT. Qui demande carrément sa démission. « Nous irons jusqu'au bout des procédures », prévient-il, à savoir une plainte au pénal pour harcèlement et une plainte pour délit d'entrave dont l'Inspection du travail est saisie. « Au final, qui va payer ? Le contribuable », s'insurge Christophe Thomas.

De son côté, Gilbert Didierjean campe sur ses positions. D'après lui, il n'y a aucun problème à la maison de retraite d'Essegney et « seuls deux grévistes avaient répondu à l'appel de la CFDT ».

« Tout le monde est à son poste », dit-il. « Il n'y a pas de harcèlement, pas de pression », dément-il. « La salariée en question a un poste, il faut juste qu'elle l'occupe. »

Cécilia CHERRIER