Social - Lactalis : une timide éclaircie

Publié le 11/09/2011
Suite à l'annonce de l'arrêt de la production de fromages dans l'usine xertinoise de Lactalis, l'enjeu est désormais la revitalisation du site, sur laquelle la direction du groupe semble vouloir se pencher.
Social - Lactalis : une timide éclaircie
Social - Lactalis : une timide éclaircie
Suite à l'annonce de l'arrêt de la production de fromages dans l'usine xertinoise de Lactalis, l'enjeu est désormais la revitalisation du site, sur laquelle la direction du groupe semble vouloir se pencher.

© Vosges Matin, Dimanche le 11 Septembre 2011 / Vosges

 
Sébastien Grand, Bernard Bernier et Gérard Tisserand, représentants du personnel, ont écouté avec attention le député-maire spinalien Michel Heinrich. (Photo E. THIEBAUT)

Xertigny

Pour les salariés de la fromagerie de Xertigny, l'enjeu est désormais dans l'après-Lactalis. Or la reconversion du site et l'avenir de ses employés semblaient jusqu'à présent n'inspirer que de l'indifférence au groupe laitier qui, le 28 août dernier, a annoncé l'arrêt de la production de fromages (soit le brie « Roitelet », le petit brie « Président » et le munster « Petits Amis) sur son site xertinois, où les investissements avaient été stoppés depuis fin 2009.

Serait-ce une conséquence de la réunion organisée le 1er septembre dernier en préfecture entre les élus et représentants du personnel et Daniel Perrin, conseiller agriculture et pêche de l'Elysée ?

Toujours est-il que le député-maire d'Epinal Michel Heinrich était hier après-midi en mairie de Xertigny, aux côtés du premier magistrat Véronique Marcot et du conseiller général et sénateur Jackie Pierre, pour faire part aux représentants du personnel du « changement d'orientation » que semblait opérer la direction de Lactalis concernant la reconversion du site.

« Suite à cette réunion en préfecture, M. Perrin a confié avoir été impressionné par la qualité des échanges mais aussi exaspéré de la façon dont les choses se sont passées à la fromagerie », a souligné le député, avant de confirmer à Sébastien Grand (CFDT), Bernard Bernier (secrétaire du CE) et Gérard Tisserand (CFE-CGC) que Lactalis s'était engagé « à missionner un cabinet d'études sur le site, à faire des démarches auprès d'entreprises amies et à faire un lot pour un éventuel acquéreur. La direction s'est également dite prête à améliorer les conditions de déplacement pour ceux des salariés qui feraient le choix d'aller travailler à Corcieux. »

Débrayages ponctuels

Conscient de ne pas être en mesure d'annoncer d'ores et déjà de franches et bonnes nouvelles, Michel Heinrich a souhaité partager avec les représentants du personnel les prémices d'une possible éclaircie sur le sort des salariés de la fromagerie. Lesquels n'ont pu que s'étonner, cette semaine, de certaines mesures récemment prises par la direction, comme le transfert jeudi à Corcieux de 4 000 pièces de Brie tandis que la « ligne Brie » de la fromagerie, qui nécessite cinq personnes, était à l'arrêt. Ou encore, ce même jeudi, la volonté de sous-traiter une journée de fabrication à l'Ermitage.

C'est pourquoi « il faut rester vigilant sur tout et surtout la revitalisation du site, a souligné le député. Il va nous falloir aussi être actifs afin de trouver une entreprise susceptible d'installer son entreprise sur le site de la fromagerie. Mais il faut bien être conscient que ce sera dur ». Et que le temps est précieux.

En attendant une réunion du comité de groupe programmée mercredi dont ils espèrent quelques réponses à leurs questions, les représentants du personnel de la fromagerie ont rendez-vous lundi avec le préfet et, afin de se rappeler au bon souvenir de la direction de Lactalis, ils entendent maintenir la pression en organisant des débrayages ponctuels et ciblés tous les jours.

C.B.