Social : le sort de la papeterie Grégoire scellé à la fin du mois

Publié le 04/05/2011
Ce n'est que le 31 mai que le tribunal de commerce d'Epinal statuera sur l'avenir de l'entreprise navoiriaude employant 84 salariés en vacances forcées depuis le 22 avril.
Social : le sort de la papeterie Grégoire scellé à la fin du mois
Social : le sort de la papeterie Grégoire scellé à la fin du mois
Ce n'est que le 31 mai que le tribunal de commerce d'Epinal statuera sur l'avenir de l'entreprise navoiriaude employant 84 salariés en vacances forcées depuis le 22 avril.

Vosges Matin, Mercredi le 04 Mai 2011 / Vosges

Faute de matière première, l'usine de Saint-Nabord ne peut plus faire tourner ses machines.

Antonio Simoes et Denis Schnabel déplorent l'absence de transparence de l'actuelle direction. (Photos d'archives)

Saint-Nabord

Le personnel de la papeterie Grégoire de Saint-Nabord devra encore s'armer de patience. Alors que les 84 salariés s'attendaient hier à une décision sans appel du tribunal de commerce d'Epinal, l'instance judiciaire s'est accordé un délai de près d'un mois avant de rendre son jugement.

Dans les faits l'usine s'apparente à un bateau fantôme. Seuls deux gardiens et des employés administratifs entretiennent un semblant de vie sur le site. En repos forcé depuis le 22 avril, les agents de production ne demandent pourtant qu'à travailler.

Une situation devenue intenable en raison d'un manque de trésorerie ne permettant plus l'achat de matière première. « Pourtant on est capable de tourner », indique le délégué CGT Antonio Simoes. Le représentant syndical pointe du doigt la direction n'ayant pas tenu ses engagements en termes d'investissements. « A la tête de l'entreprise Pierre Gavelle s'est contenté d'un entretien courant portant sur l'habillage des machines » déplore l'intéressé. « Nous n'avons jamais vu la couleur du fonds de roulement de 1,8 million d'euro initialement promis. Nous en étions réduits à regarder la trésorerie au jour le jour pour payer nos fournisseurs. Quand j'ai débuté il y a seize ans la papeterie employait 154 personnes. Nous ne sommes plus que 84 aujourd'hui. » Dans le même temps Antonio Simoes dresse un état des lieux.

Un moratoire demandépar la CGT

« En août 2006, nous produisions 53 154 tonnes de papier. Nous sommes tombés à 31 000 tonnes l'année dernière. » Avec ses deux machines, l'une spécialisée dans la fabrication couleur d'emballages, la seconde destinée au contrecollage de papiers renforcés, l'usine vosgienne dispose néanmoins d'un certain nombre d'atouts. « Le problème c'est que l'encadrement depuis six mois ne joue pas la transparence sur la question de la gestion » s'indigne le secrétaire départemental de la CGT Denis Schnabel. « Il est impensable de voir cette usine à l'arrêt alors que les carnets de commandes sont pleins. On peut facilement imaginer le ras-le-bol du personnel qui à l'occasion d'un récent sondage interne s'est prononcé à hauteur de 93 % pour le départ de l'actuel directeur. » De son côté Christophe Thomas (CFDT) chiffre le déficit à « 2,5 millions d'euros en treize semaines d'exploitation ». Revenant à la charge, Denis Schnabel note que le cas de l'usine Grégoire est hélas loin d'être isolé. Face à ce contexte de crise, la CGT demande instamment la tenue d'un moratoire intéressant l'ensemble de la filière papetière.