Social - Mouvement de grève à l'ADAF

Publié le 28/01/2012
La fermeture de certains services de l'ADAF et la dégradation du dialogue social exprimée par les salariés ont débouché hier sur un mouvement de grève. Une délégation a été reçue par le sous-préfet.
Social - Mouvement de grève à l'ADAF
Social - Mouvement de grève à l'ADAF
La fermeture de certains services de l'ADAF et la dégradation du dialogue social exprimée par les salariés ont débouché hier sur un mouvement de grève. Une délégation a été reçue par le sous-préfet.

© Vosges Matin, Samedi le 28 Janvier 2012 / Vosges 
 
Patricia Hacquard, secrétaire générale du syndicat CFDT santé-sociaux, a demandé la démission du directeur général.

 
Les salariés se sont regroupés sur la place Jules-Ferry avant d'être reçus par le sous-préfet de Saint-Dié. (Photos F.S.)

Saint-Dié 

«Toujours plus... avec moins de moyens » ; « Stop, respect de nos missions » ; « Salariés fatigués, usés mais solidaires » ; « La liberté des choix associatifs en danger ». Les slogans affichés hier sur les pancartes brandies par une partie des salariés de l'ADAF (Association déodatienne d'accueil et de formation) réunis place Jules-Ferry, à Saint-Dié, témoignaient de leur profond malaise et de leurs inquiétudes. L'association fondée en 1935 a son siège social au Préventorium Abel-Ferry de Saint-Dié. Le site abrite également un accueil pour jeunes enfants âgés de 3 à 12 ans ; un autre pour adolescents de 13 à 18 ans. La structure gère un hébergement maternel à Saint-Roch ; un centre éducatif renforcé (CER) basé au Valtin et fait de la prévention spécialisée. L'association bénéficie de fonds publics pour assurer ses missions. À la suite du dépôt d'un préavis de grève, un rassemblement a été organisé aux abords de la sous-préfecture. Emmenée par Patricia Hacquard, secrétaire générale du syndicat CFDT santé-sociaux, et Christophe Thomas, une délégation des représentants du personnel a été reçue par le sous-préfet Christophe Salin. Plusieurs sujets ont été évoqués, les risques de fermeture de services entraînant des disparitions d'emplois. Seraient visés le Point accueil écoute jeunes (PAEJ) et le chantier d'insertion.

« Le PAEJ voit passer annuellement entre 200 et 300 personnes. Une vingtaine d'autres sont concernées par le chantier d'insertion », explique un salarié. « La décision de fermeture a été prise unilatéralement par la direction générale. Les salariés ne sont associés à rien. Aujourd'hui, ils sont mobilisés pour avertir des choses qui ne vont pas », souligne Patricia Hacquard qui a demandé au représentant de l'État la démission pure et simple du nouveau directeur général nommé en avril dernier. « Ce monsieur bafoue les instances représentatives du personnel. Nous ne pouvons pas tolérer son autoritarisme. Il y a une dégradation du dialogue social au sein de l'ADAF. Nous rendons responsable de la situation sociale le conseil d'administration et son président. Nous demandons le respect de tous les salariés. » À l'issue de l'entrevue, Patricia Hacquard a appris que la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) avait demandé à l'ADAF un projet administratif et un dossier financier pour le CER. « L'ADAF n'a toujours pas répondu à sa demande alors que le syndicat CFDT se bat pour que le CER continue de fonctionner. » Après avoir entendu les doléances des salariés, le sous-préfet a rappelé que l'ADAF était une association de droit privé et qu'en matière de relations sociales, il existait une gouvernance administrative, des instances de concertation. L'inspection du Travail pourrait être saisie des difficultés énoncées par le personnel. « L'ADAF est une association qui effectue des missions de service public et qui bénéficie de fonds publics pour ses actions. Nous vérifierons le bon emploi de cet argent qui ne peut pas se multiplier à l'infini. » Vendredi prochain, le député Gérard Cherpion devrait rencontrer les syndicalistes afin d'évoquer ensemble la situation au sein de l'ADAF.

B.MORVAN