Société Fromagère de Xertigny : "Maintenant on va attaquer sur le fond"

Publié le 13/12/2011
Le comité d'entreprise de la Société Fromagère de Xertigny, qui avait assigné l'entreprise en justice pour obtenir les chiffres de la « pâte molle », vient d'obtenir gain de cause. Mais tout n'est pas terminé !
Société Fromagère de Xertigny : "Maintenant on va attaquer sur le fond"
Société Fromagère de Xertigny : "Maintenant on va attaquer sur le fond"
Le comité d'entreprise de la Société Fromagère de Xertigny, qui avait assigné l'entreprise en justice pour obtenir les chiffres de la « pâte molle », vient d'obtenir gain de cause. Mais tout n'est pas terminé !

© Vosges Matin, Mardi le 13 Décembre 2011 / Vosges

 

Les salariés et syndicalistes de la Société Fromagère de Xertigny n'en ont pas terminé avec leur combat. Ils entendent maintenant attaquer Lactalis sur le fond. (Photos d'archives)

Christophe Thomas, délégué CFDT.

Christophe Thomas, en tant que secrétaire régional emploi CFDT, vous avez suivi le dossier de la SFX (Société Fromagère de Xertigny) avec attention. Le tribunal vient d'ailleurs de donner raison au comité d'entreprise qui attaquait la société. Comment les événements se sont-ils passés ?

« Nous avons décidé de mener une action en justice parce qu'on n'arrivait pas à avoir les chiffres de la pâte molle. On nous donnait un chiffre global sur le fromage mais pas spécifiquement sur la pâte molle alors que c'est principalement ça qui nous intéressait. Ce que nous voulions, ce sont les chiffres détaillés par secteur. D'ailleurs, au lendemain de l'assignation en justice, nous avons obtenu ces chiffres. La décision du tribunal de condamner l'entreprise à 1 000 EUR de dommages et intérêts est venue par la suite. Mais cette décision ne remet pas en cause le plan social engagé sur le site de Xertigny. »

Du coup, envisagez-vous d'autres actions ?

« Complètement. On va maintenant continuer à attaquer sur le fond. On monte un dossier pour attaquer Lactalis et prouver que la fermeture de Xertigny n'est pas une fermeture économique mais bel et bien une fermeture stratégique. Nous allons maintenant rentrer en discussions sur le volet social en espérant que la justice nous donne raison. Aujourd'hui, les 162 salariés sont toujours sur le site puisqu'on a refusé de discuter sur la mobilité, en interne ou en externe. »

Le fond du problème est donc de prouver aujourd'hui que le groupe Lactalis ne veut fermer Xertigny que par stratégie...

« C'est cela. La preuve en est ! Le groupe vient de racheter l'Italien Parmalat. Lactalis n'a pas de problème économique et Xertigny n'est pas une entité indépendante. Nous sommes bien sûr un choix stratégique du groupe de sacrifier Xertigny. On veut qu'ils mettent les moyens en place pour que les gens puissent retrouver du boulot. Ce qu'on veut, nous, c'est l'emploi à Xertigny. »