Témoignage : il y a une vie après la liquidation

Publié le 30/06/2011
Bernard Sauvage, un ancien de la Filature de Cheniménil, souhaite témoigner de son parcours après la liquidation de l'entreprise. Pour tous ceux qui traversent actuellement la même épreuve.
Témoignage : il y a une vie après la liquidation
Témoignage : il y a une vie après la liquidation
Bernard Sauvage, un ancien de la Filature de Cheniménil, souhaite témoigner de son parcours après la liquidation de l'entreprise. Pour tous ceux qui traversent actuellement la même épreuve.

© Vosges Matin, Jeudi le 30 Juin 2011 / Loisirs

Après la liquidation de son entreprise, Bernard Sauvage n'a jamais baissé les bras. (Photo Patrick GLESS)

Il a connu les affres d'une liquidation de l'entreprise dans laquelle il travaillait depuis 30 ans. Cinq ans après, Bernard Sauvage veut apporter un témoignage qui, il l'espère en tout cas, pourra redonner un peu d'espoir à ceux qui traversent la même histoire.

En effet, à 56 ans, il vient de signer en février dernier un CDI. Pas mal pour cet ancien de la Filature de Cheniménil qui travaillait comme soigneur de cardes dans l'équipe de nuit. Avant que la crise textile ne signe l'arrêt de mort de l'entreprise qui employait 116 salariés. La liquidation est prononcée le 30 mai 2006. Bernard Sauvage connaît la date par coeur. A ce moment-là, le délégué syndical CFDT se retrouve avec sept autres collègues, mandaté comme représentant des salariés. Puis vient le temps des rencontres avec les politiques. Il faut taper à toutes les portes pour obtenir de l'aide. Même à celle de Gérard Larcher, ministre du travail de l'époque.

Mais l'épreuve est aussi et surtout personnelle. « Il faut faire son deuil en trois temps : à la réception de la lettre de licenciement, à la fin de la cellule de reclassement et à l'obtention d'un nouveau travail », détaille-t-il.

Cinq ans après, à travers son témoignage, Bernard Sauvage veut faire comprendre « qu'il y a une vie après mais qu'il faut se donner les moyens. » Il s'est reconverti dans la sécurité. Après une dizaine de CDD, il a enfin décroché un CDI. « Comme quoi rien n'est perdu. Je ne suis pas un cas exceptionnel », s'empresse-t-il d'ajouter. D'autres collègues ont retrouvé, eux aussi, le chemin de l'emploi. Pour lui, la réussite passe aussi par la mobilité. Il accepte de faire 90 km, aller-retour, chaque jour, pour se rendre sur son lieu de travail à Charmes.

Et même s'il a signé un CDI, Bernard Sauvage garde toujours un CV dans son sac car il a appris que rien n'est jamais acquis en la matière.

Autre exemple de reconversion réussie : celle de Muriel Fève. Elle aussi a passé 26 ans de sa vie comme employée polyvalente à la production. A l'annonce de la liquidation, elle s'est demandée : « Qu'est-ce que je vais faire après ? » D'autant plus que son mari travaillait également au sein de l'entreprise et que le couple avait cinq enfants. « Après une formation en informatique, je suis entrée chez Vosges développement pendant un an et demi avant d'être embauchée définitivement. » Elle a officié à l'espace Vosges à Saint-Nabord avant d'être reclassée sur le site d'Epinal. « Il ne faut surtout pas hésiter à faire des formations, conseille-t-elle, et faire un travail sur soi. »

Finalement, la fermeture de l'entreprise « m'aura prouvé que j'étais capable de faire autre chose que de la filature. »

C.C.