Thermalisme à Plombières-les-Bains : les repreneurs doivent revoir leur copie

Publié le 04/03/2011
Le tribunal de commerce d'Épinal a entendu hier matin les deux repreneurs du site thermal et le responsable du plan de continuation. Suite du feuilleton le 17 mars.
Thermalisme à Plombières-les-Bains : les repreneurs doivent revoir leur copie
Thermalisme à Plombières-les-Bains : les repreneurs doivent revoir leur copie
Le tribunal de commerce d'Épinal a entendu hier matin les deux repreneurs du site thermal et le responsable du plan de continuation. Suite du feuilleton le 17 mars.

© Vosges Matin, Vendredi le 04 Mars 2011 / Vosges

Les salariés, leurs représentants syndicaux CFDT et les membres du CE étaient là dès 8 h 30 pour suivre le devenir de leur entreprise qu'ils aimeraient voir perdurer. (Ph. J.A.)

Jacques Bouvier (à gauche) d'Elysée Vendôme veut profiter du temps supplémentaire pour mettre toutes les chances de son côté.

Xavier Million de Cap Europe, l'un des candidats repreneur.

« Les salariés sont écoeurés par ce feuilleton sans fin. C'est un dossier qui n'en finit pas. Une grosse partie des salariés en est même à souhaiter le licenciement économique pour rebondir ailleurs. » Michèle Bolmio, secrétaire du CE est comme ses collègues des thermes, totalement découragée. Après quatre heures d'attente dans le hall d'accueil du tribunal de commerce d'Épinal en cette matinée ensoleillée, elle accueille le verdict de cet énième rendez-vous avec la justice avec amertume et colère. Tout comme Marie Rogiez, la toute nouvelle élue CFDT pour les thermes plombinois et membre du CE. L'actuel propriétaire, le groupe Elysée Vendôme ainsi que les deux repreneurs potentiels, Bernard Xavier Million de Cap Europe à Strasbourg et la ville de Plombières représentée par son avocat Me Gartner, qui ont fait le déplacement pour défendre leur dossier devront revoir leur copie. Les responsables du tribunal de commerce ont jugé que les trois dossiers n'étaient pas complets. En l'espèce, chacun devra donc apporter les éléments demandés pour le 11 mars avant midi en vue d'une décision définitive le 17 mars.

En redressement judiciaire depuis novembre 2010, la Compagnie thermale de Plombières qui emploie 126 personnes avait été assignée devant le tribunal par l'URSSAF avec une situation financière pour le moins délicate. Le groupe Elysée Vendôme, dont le PDG est Jacques Bouvier est à la tête de l'établissement depuis 2003.

Ouverture de la saison le 4 avril

L'actuel propriétaire n'est pas pour autant décidé à lâcher l'affaire puisqu'il a présenté un plan de continuation avec la ferme intention de rester dans les murs. Seul hic des membres du syndicat CFDT présents hier, le manque de nouveauté. « On prend les mêmes et on recommence. Et ça, c'est pas bon. En plus, le plan de reprise ne prévoit pas de reprendre tous les salariés et nos délégués syndicaux pourraient trinquer dans l'affaire. Sans parler des contrats de travail qui pourraient passer de 35 à 28 h » remarque Christophe Thomas, délégué régional à l'emploi à la CFDT. Jacques Bouvier veut profiter pour sa part du temps supplémentaire pour mettre toutes les chances de son côté et enrichir son dossier. La ville de Plombières qui a présenté une reprise sous forme de régie municipale y croit elle aussi. « On va faire ce que l'on nous a demandé, c'est-à-dire revoir le prix de cession des biens aux repreneurs et améliorer le progra mme de reprise du personnel » observe Me Gartner. « Il s'agit maintenant de sauver l'établissement. Le groupe Elysée Vendôme n'a même pas fini de payer les murs et est assigné au tribunal. L'activité thermale doit être maintenue dans notre ville. Et puis les locaux se dégradent très vite et les salariés sont inquiets. Le privé n'a pas su reprendre le flambeau, nous le ferons. »

Seul le troisième repreneur, qui est resté discret, Xavier Million de Cap Europe laisse un peu d'espoir aux salariés qui l'ont rencontré la veille. « Ce n'est pas un professionnel du thermalisme mais il a un beau projet de reprise. Il a un plan, il connaît le dossier et reprendrait 70 des 90 salariés temps plein » poursuit Christophe Thomas. Pour l'heure l'établissement reste en redressement. Dans l'attente des compléments de dossier demandés par le tribunal. Un feuilleton au goût amer et de déjà- vu qui pèse de plus en plus sur les salariés qui voient arriver l'ouverture de la saison thermale le 4 avril avec une grosse inquiétude.

Sabine LESUR